Mobilité professionnelle : entre nécessité et solidarité

Publié le  13/02/2017

Mise à jour le 19/12/2017

 

A Toulouse comme à Montpellier, le club RH Pôle emploi Occitanie de fin d'année avait choisi le thème de la mobilité professionnelle. 

Comment accompagner les processus de mobilité professionnelle ? Quels leviers et pratiques pour favoriser la mobilité ?

Regard d’expert, témoignages et échanges de bonnes pratiques entre des entreprises de la région ont rythmé ces deux rencontres, à la satisfaction des participants.

Dans une entreprise engagée et responsable sur le plan sociétal, la question de la mobilité professionnelle se place assez haut sur l'échelle des préoccupations des RH.

Sophie Trumeau, psychosociologue et conseillère en mobilité professionnelle, la définit en 3 mots : " La mobilité professionnelle, tous les DRH le savent bien : elle est verticale, horizontale et fonctionnelle".
Elle est l'outil du salarié, qu'elle soit choisie ou subie, mais on oublie trop souvent que cet outil est aussi celui de l'entreprise qui doit faire l’effort de se projeter dans le temps, à plus ou moins long terme.
 

Pourquoi et comment faire progresser la mobilité professionnelle dans les organisations ?

Pascal Matheus, responsable de l'offre de services aux entreprises à la Direction régionale de Pôle emploi Occitanie, y voit une évidence : " Elle touche tout naturellement au cycle de vie de l'entreprise et fait du salarié (ou demandeur d'emploi) un acteur de sa propre employabilité, quand l'entreprise, de son côté, l'envisage comme un point essentiel du développement des compétences. Accompagner la valorisation des compétences, clarifier la variété et la qualité des profils sont devenus nécessaires à son adaptation permanente sur le marché."

Ludovic Dupuis, responsable mobilité du groupe La Poste Occitanie, témoin pour cet atelier, le souligne d'ailleurs fort justement : "La seule chose qui ne change pas, dans nos entreprises, c'est le changement."

L'experte interroge à son tour : "qui n'a jamais entendu autour de lui : Je m'ennuie, j'ai fait le tour, j'ai envie de changer mais je ne sais pas comment faire ». Sophie Trumeau note pourtant "une difficulté fréquente à changer les choses."

"L’immobilisme s'explique parce que c'est un travail de se préparer à bouger. Pourtant, il faut ouvrir de nouvelles frontières aux salariés, c'est un enjeu de santé au travail et une obligation lorsque le taux d'absentéisme est fort."

Organiser le sas de transition.

Comment faire pour inciter ses salariés à se mettre en mouvement ?
Comment aider chacun à trouver sa juste place ?
Un bilan de compétences pour certains, e-learning pour d'autres, dispositif de mobilité interne sur la base du volontariat, mise en orbite des équipes dites agiles, sensibilisation par strates hiérarchiques, facilitation par l'immersion professionnelle : la mobilité est à géométrie variable selon les entreprises et leur culture (mobilité interne, mobilité externe ou les deux selon les compétences à développer).
Dans les grands groupes, tous les 2 ans on doit changer pour limiter les risques (ennui, risques psychosociaux) et redynamiser les équipes.

Pour autant, la mobilité ne doit pas être forcée. En France, précise l'experte, « On surinvestit le travail par peur de ce qui peut se passer. "
Il faut inverser la tendance à l'instar d'autres pays européens, en s'appuyant notamment sur des personnes mises sur des voies de garage, restimuler, redonner de la confiance et surtout permettre l'écoute.

Et si le travail de la RH consistait bien finalement, en un parcours allant du recrutement à la transformation mais aussi parfois à la séparation, dans l'objectif d'une responsabilité véritablement partagée ?

   VERBATIMS

Ludovic Dupuis, responsable mobilité groupe La Poste Occitanie :
" Pour nous, la mobilité professionnelle s’articule autour de 4 axes : avoir une vision de l’emploi et de son évolution, travailler sur l’accompagnement individuel, gérer et dédramatiser la mobilité non choisie, créer une animation par l’intermédiaire des conseillers en évolution professionnelle.
12 espaces de mobilité ont été mis en place dans notre groupe. Anticiper les transitions, c’est simple mais il faut l'organiser : Nos métiers changent en profondeur. Nous multiplions les connexions. Nous travaillons sur l'engagement et pas seulement sur la mobilité. Quant à l'installation d'un espace de neutralité, c'est la clé de la réussite. Il faut éviter le contre-effet de la révélation lorsqu'un salarié exprime un souhait d'évolution au travail. Donner des preuves de cet engagement est essentiel pour parvenir à transformer l'essai. "

Christophe Carol, directeur régional adjoint Pôle emploi Occitanie : "1 enfant sur 10 exercera demain un métier qui n'existe pas encore. Notre génération a le devoir de l'anticipation.
Pôle emploi a d'ailleurs renforcé son réseau en y apportant la notion de conseil en évolution professionnelle et mise sur les psychologues du travail qui rejoindront en 2017 leurs homologues du réseau. J'ai un seul regret, car on peut penser que pour ces publics lorsqu'ils arrivent chez nous, c’est déjà un peu tard. Mais nous « assurons » ce risque qui s'inscrit pleinement dans le cadre de nos missions. "

Yves Chachuat, Groupe Carrefour (Montpellier) : "Il y a une mobilité inhérente à la survie de l'entreprise et cette autre type de mobilité relève du contrat initial entre le salarié et l'entreprise. Mais on peut l’accompagner. Nous le faisons avec Pôle emploi pour accompagner la mobilité des conjoints. La problématique du logement est un autre levier de la mobilité professionnelle tout comme l’équilibre vie au travail/vie privée." 

José Da Silva, Groupe Carrefour (Toulouse) : « On a des postulants qui arrivent d’horizons différents, d’autres métiers, parfois des cadres qui ont envie de changer de vie et de devenir leur propre patrons, on les accompagne et on les forme. »

Evelyne Petit - Néoh Conseil (Toulouse) : « Les gens sont acteurs de leur employabilité chez nous, car pour nous c’est la compétence qui prime. » 

Anne-Valérie Crespo - La Poste (Montpellier)." Nous attendons des outils en terme d’ancrage territorial et une sensibilisation des publics cohérente avec nos besoins sur le terrain."

Julien Signoret - Klesia (Prévoyance - Toulouse) : « La mobilité inter-entreprises permet des passerelles avec d’autres structures et une GPEC opérationnelle sont des éléments à prendre en compte pour réussir les mobilités. » 

Benoît Toth - CPAM (Montpellier) :  "Nous souhaiterions une mobilité inter-branche avec la CAF et la CARSAT mais elle est à construire."

Malthilde Waringo - Altimer (Informatique -Toulouse) : " Des collaborateurs n’hésitent pas à partir pour d’autres métiers ou des projets personnels et sollicitent une rupture conventionnelle pour opérer leur mobilité choisie." 

Elisa Garemi DUPRE, Eminence (Fabricant - Montpellier) : « La mobilité, dans les faits, n'est pas un conte dans lequel tout est parfait. Les RH des PME veulent être outillés mais tiennent à la gérer eux-mêmes car ils connaissent leurs salariés et souhaitent conserver la maîtrise de ce processus. »

Marc Amouroux, Carte Noire Opérations (Fabricant – Montpellier) : « La problématique de la mobilité est maîtrisée. Nous avons peu de départs et une ancienneté forte. Nous attribuons cela à la notoriété de notre entreprise. Néanmoins, un travail avec la branche professionnelle de l’agro-alimentaire pourrait être un plus. » 

Stéphane Gigou, FDI (Promotion immobilière - Montpellier) : « Pour nous, le logement est une question centrale autour de la mobilité et nécessite un accompagnement. FDI le propose à ses salariés.»

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