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5 questions à Yves Barou, président de l’AFPA

Publié le  21/04/2016

Le 13 avril dernier, Yves Barou, actuel Président de l’Afpa, a été réélu pour un nouveau mandat de 4 ans, qui sera marqué par la transformation de l’Association en EPIC, au 1er janvier 2017. L’occasion de faire avec lui un zoom sur la formation professionnelle.

Quels sont, selon vous, les atouts de la formation professionnelle en France aujourd’hui ?

La formation professionnelle répond aujourd’hui aux attentes des actifs qui sont, à juste titre, soucieux de leur employabilité : 3 salariés sur 4 ont déjà envisagé de changer de métier,
60 % l’ont fait ; 1 personne sur 2 devra repenser son orientation professionnelle initiale dans les 10 ans et 1 actif de moins de 30 ans aujourd’hui changera de métier en moyenne 5 fois dans sa vie professionnelle. L’Afpa en est convaincue, nous avons tous droit à plusieurs vies professionnelles et ces changements doivent être des opportunités de progrès pour chacun d’autant que l’offre de formation est de plus en plus flexible et personnalisée.
Elle répond aussi aux besoins des entreprises, en mettant à leur disposition les compétences qu’elles recherchent : les métiers évoluent, se transforment, sont de plus en plus techniques. Une étude réalisée Mac Kinsey estime qu’en 2020, plus de deux millions d’emplois qualifiés seraient impossibles à pourvoir, tandis que 2 millions seraient exclus du marché du travail. Cette perspective est inacceptable !

Comment faire pour s’assurer que les places de formation déjà disponibles soient toutes pourvues et quels sont les métiers qui trouvent moins preneurs ?

La priorité est d’informer les publics concernés des opportunités qui s’offrent à eux. Pour cela, nos campagnes de communication et notre nouveau site afpa.fr s’adressent au plus grand nombre.
Plus concrètement, nous organisons des journées portes ouvertes (JPO) cinq fois par an et tenons plus de 20 000 rendez-vous d’information dans tous nos centres. Lors des JPO, il est possible de rencontrer des formateurs et des stagiaires, et il existe aussi des sessions de deux jours pour découvrir les métiers sur les plateaux de formation…
L’Afpa propose aux actifs des mobilités professionnelles fondées sur les compétences métiers et transversales de chacun, en lien avec les métiers en tension sur chaque territoire.
Nous mettons en avant des entrées en formation en « circuit court » avec des dates rapprochées, des alertes « dernière minute » partagées avec les prescripteurs et les publics, et un accueil immédiat en rendez-vous.
Pour s’assurer que les places de formation disponibles soient toutes pourvues, une collaboration étroite entre Pôle emploi et l’Afpa est essentielle. D’ailleurs ces dernières semaines, ensemble, nous avons identifié les capacités de formation supplémentaires que l’Afpa peut proposer aux demandeurs d’emploi. La première condition de réussite est le partage des systèmes d’information et la gestion commune des dossiers de formation (KAIROS Pôle emploi). La seconde est de s’assurer de la bonne lisibilité de l’offre de formation sur les sites des CARIF.
Néanmoins, certains métiers attirent peu. Parce qu’ils souffrent d’un déficit d’image, s’effectuent dans des conditions difficiles ou que leur rémunération est faible. Beaucoup sont tout simplement méconnus et leurs débouchés sous-estimés. On peut citer dans le bâtiment : maçon, plaquiste, électricien, carreleur. Ou dans l’industrie, technicien de maintenance. Et dans le tertiaire : serveur, cuisinier, assistant de vie…
Saturer les stages c’est notre défi commun !

Quels sont, selon vous, les freins à lever pour faciliter l’accès des demandeurs d’emploi à la formation ?

Il faudrait en priorité simplifier les circuits de demande et de validation de dossier : allègement des exigences administratives et d’éligibilité pour entrer en formation, mises-en ligne des formulaires de demande, de suivi, mais aussi permettre les signatures attestant la présence sur tablettes, mais encore mettre en place des conseils personnalisés sur tous les points qui conditionnent l’entrée en formation, identification des compétences, financement…
En parallèle, nous nous efforçons d’adapter les produits de formation au parcours de chacun -découpage en blocs de compétence, modularisation, apprentissage à distance...- et de faciliter l’accession aux compétences socles et à la VAE (validation des acquis d’expérience.

Comment travaillez-vous avec Pôle emploi ?

Nous sommes redevenus cousins !
Pôle emploi et l’Afpa, qui deviendra un EPIC au 1er janvier 2017, sont désormais tous deux membres du service public de l’emploi (SPE), et à ce titre, œuvrent pour la réussite des politiques publiques de lutte contre le chômage. Nos équipes respectives travaillent ensemble depuis longtemps, nationalement, régionalement et localement. La convention Pôle emploi/Afpa signée le 11 décembre 2016 a permis d’accentuer ces collaborations avec deux objectifs majeurs : fluidifier l’accès à la formation et améliorer le retour à l’emploi, en répondant mieux encore aux besoins de l’économie nationale.
Ces deux objectifs se retrouvent au « cœur » du plan 500 000 demandeurs d’emploi en formation annoncé par le Président de la République. Pour cela, l’Afpa s’est engagée, depuis plusieurs mois, dans la création de nouvelles formations afin de préparer les demandeurs d’emploi aux métiers de la transition énergétique, de la révolution numérique, à l’évolution des emplois industriels. Aujourd’hui, il appartient aux équipes locales d’agir ensemble pour réussir ce plan et, enfin, faire reculer le chômage.

Et si la convention nationale propose 12 actions à conduire, chacun doit s’autoriser à prendre d’autres initiatives ! Pilotée et animée en région par les directions régionales, mise en œuvre quotidiennement par les équipes d’agence de Pôle emploi et celles des centres Afpa, la convention fera l’objet d’une évaluation par les deux directions générales.
Mais c’est d’abord un état d’esprit : travailler plus ensemble car nous partageons la même mission de service public.

Vous vous êtes également lancé dans les Moocs, qu’apportent ces nouvelles formes de formation ?

L’émergence du numérique transforme la plupart des métiers et en conséquence fait évoluer le contenu de nos formations. L’usage du numérique permet aussi d’accéder autrement à la formation. Notre Mooc cuisine, qui a rencontré un succès énorme avec 53 000 stagiaires en ligne, illustre parfaitement cette évolution vers des formations multimodales.
C’est également un formidable moyen pour mettre en lumière le métier de cuisinier : un métier en tension avec 20 000 postes non pourvus. Je suis très heureux du partenariat que nous avons noué avec Pôle emploi sur ce Mooc. S’il était ouvert à tous les passionnés de cuisine, je retiens surtout qu’il a été suivi par 10 000 demandeurs d’emploi et par 13 000 personnes dotées d’un projet professionnel. Au-delà, l’Afpa invente une pédagogie multimodale mixant présentiel et à distance, mises en situation de travail, simulations et serious games.
Au quotidien, comme Pôle emploi le fait, l’Afpa relève le défi du numérique !

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