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Faire de la mobilité un tremplin pour l’insertion de nos publics et le développement des territoires

Publié le  07/12/2018

Consolider notre rôle de facilitateur des mobilités géographique constitue aujourd’hui un objectif majeur pour Pôle emploi. Véritable levier pour la réalisation des parcours d’insertion professionnelle et pour le développement économique, la mobilité géographique appelle une action ambitieuse, de proximité, mais surtout collective. Car c’est en s’associant aux collectivités territoriales compétentes et aux opérateurs qui – au quotidien – œuvrent pour la mobilité de tous, que nous parviendrons à apporter des solutions adaptées aux besoins des territoires, et de nos publics.

La mobilité géographique, un frein pour de trop nombreux demandeurs d’emploi

Si l’insertion professionnelle des demandeurs d’emploi est évidemment fonction de leurs niveaux de compétences et de qualifications, elle dépend également de leur capacité à se déplacer : que ce soit pour participer à un entretien d’embauche, suivre une formation ou occuper un emploi, c’est bien la question de l’accessibilité à l’opportunité professionnelle qui se pose.

Souvent présentée comme un « passeport vers l’emploi », la mobilité géographique peut également entraver les parcours d’insertion de ceux qui – pour des raisons matérielles, financières, cognitives, ou encore psycho-sociales – ont des pratiques de déplacement limitées. Pluriels et complexes, les freins à la mobilité géographique jouent un rôle déterminant dans la réalisation de nombreuses trajectoires professionnelles.

Alors que 86 % des Français estiment que les problèmes de mobilité quotidienne sont un frein à l’emploi, 1 individu sur 5 a – au moins à une reprise – dû décliner une opportunité d’emploi ou de formation, faute de pouvoir s’y rendre[1]. Les jeunes, les personnes ne disposant pas du permis de conduire et celles aux ressources financières limitées constituent des publics particulièrement vulnérables à cet égard. Alors que l’insertion professionnelle implique d’être autonome et mobile, ce sont aujourd’hui plus de 637 000 demandeurs d’emploi[2] qui déclarent ne pas posséder le permis de conduire, et ne pas disposer de solution de mobilité à proximité de leur domicile.

Autant de demandeurs qui pourraient être – à un moment ou un autre – freinés dans la réalisation de leur parcours d’accès à l’emploi.

A l’heure où l’Etat, les conseils régionaux et Pôle emploi investissent dans les compétences pour accroître les qualifications des publics les plus fragiles, il nous semble fondamental de veiller à ce que chaque demandeur d’emploi puisse disposer d’une solution de mobilité adaptée à son projet professionnel et ainsi contribuer à satisfaire les besoins de recrutement des entreprises. 

Quels leviers à disposition pour favoriser la mobilité géographique des demandeurs d’emploi ?

Ayant reconnu le rôle structurant que joue la mobilité dans les parcours d’insertion de ses publics, Pôle emploi agit depuis plusieurs années pour accompagner la mobilité quotidienne des demandeurs ; et ce, en mobilisant deux leviers.
 
Le premier est d’ordre financier, et renvoie aux aides à la mobilité que nos conseillers attribuent aux demandeurs d’emploi qui – pour participer à un entretien d’embauche ou à une formation par exemple – ont besoin d’effectuer un déplacement, mais ne disposent pas des ressources nécessaires. En 2017, ce sont plus de 90 millions d’euros qui ont été alloués à ce dispositif.
Nos études montrent que cet investissement n’est pas vain : la moitié des 125 000 bénéficiaires de ces aides aurait refusé le déplacement s’ils n’avaient pas été accompagnés financièrement par Pôle emploi.
 
Notre second levier est d’ordre partenarial : les multiples coopérations que nous sommes parvenus à engager – au national – avec des acteurs majeurs de la mobilité géographique permettent aux demandeurs d’emploi de disposer de solutions complémentaires, et susceptibles de répondre à leurs besoins. Les accords de partenariats qui nous unissent à Renault dans le cadre du programme solidaire Mobilize, à RATP-Dev ou encore à l’association Wimoov constituent autant d’initiatives qui visent à lever les freins matériels à la mobilité des demandeurs, pour faciliter leur insertion.
 
La mobilité se jouant à l’échelle des territoires, les réponses apportées doivent nécessairement être conçues en local, pour coller aux spécificités des publics et gagner en efficacité. Les différentes initiatives locales qui sont valorisées dans cette newsletter attestent d’ailleurs de la pleine implication du réseau territorial de Pôle emploi sur ce sujet. En lien avec les garages associatifs, les plateformes de la mobilité ou encore les auto-écoles sociales, de nombreuses agences s’investissent pour concevoir des actions qualitatives, sur-mesure.

Parmi elles, le recours à un bilan de mobilité – exercice visant à qualifier la nature des freins et à définir un plan d’actions adapté – constitue une pratique particulièrement répandue, qui traduit la nécessité pour notre réseau de s’appuyer sur des partenaires spécialisés pour comprendre les difficultés de mobilité rencontrées, et mettre le doigt sur le besoin réel du demandeur. Car la mobilité ne se limite pas à des considérations matérielles, mais peut reposer sur des éléments plus personnels, plus complexes à identifier, et qui appellent un accompagnement sur mesure. 

Soutenir collectivement les acteurs de la mobilité inclusive pour permettre à un plus grand nombre de demandeurs d’emploi de bénéficier d’un accompagnement adapté.

Utiles pour affiner le diagnostic de nos conseillers et pour faciliter l’accès à l’emploi des bénéficiaires, ces actions semblent avoir fait leur preuve et sont à encourager. Le projet de loi d’orientation des mobilités déposé par la Ministre des Transports entend d’ailleurs contribuer au développement des services de mobilité « à caractère social » sur les territoires, de manière à ce que toute personne fragile puisse – peu importe son lieu de résidence – disposer d’un accompagnement spécifique. L’idée serait de donner la possibilité aux autorités organisatrices volontaires de concevoir par elles-mêmes ou de soutenir le déploiement de nouvelles plateformes, actrices de la mobilité inclusive sur les territoires.
 
Car le principal enjeu est d’ordre territorial : de nombreuses personnes vivent encore aujourd’hui dans des « zones blanches » de la mobilité, où la dépendance automobile est forte et où les structures susceptibles d’apporter les réponses adéquates se font rares. Indirectement, c’est donc la question de l’égalité au service qui se pose.
 
Il conviendrait alors de déterminer les actions à déployer pour parfaire l’implantation des opérateurs de la mobilité inclusive, et sécuriser l’accès des plus vulnérables à un service de qualité. Nous sommes prêts à contribuer à l’émergence de ces solutions, et faire jouer à la mobilité son rôle de tremplin pour l’emploi et le développement des territoires.

 

[1] Ces données sont issues de l’étude « Mobilité et accès à l’emploi » menée en 2016 par le Laboratoire de la Mobilité Inclusive et le cabinet Elabe.

[1] Inscrits en catégorie 1, 2 et 3.

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