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Eric Barthélémy, La Bonne Boîte

Publié le  30/05/2017

Eric Barthélémy est conseiller Pôle emploi depuis 20 ans. Mû depuis ses débuts par un esprit d’initiative affirmé, il n’a eu de cesse de penser à des dispositifs d’aide aux demandeurs d’emploi. Avec La Bonne Boîte, son idée est de mettre en lumière le marché de l’emploi caché.

Comment en êtes-vous venu à proposer le concept de la Bonne Boîte ?

En 97, j’ai travaillé à Longwy en Meurthe-et-Moselle qui était déjà un bassin en souffrance. Cela faisait une petite quinzaine d’années que toutes les usines avaient fermé. C’était une population très en difficulté par rapport à la recherche d’emploi car le monde de l’usine est très paternaliste. Les gens ont eu l’habitude d’être nourris, logés, soignés, éduqués, cultivés par l’entreprise. J’ai été confronté quotidiennement à un public qui n’est pas forcément autonome. C’est la première difficulté qui m’a amené à avoir l’idée de La Bonne Boîte.
Ensuite, il y a les challenges internes Innov’action. La démarche m’est apparue normale. On me demande si j’ai une idée, j’en ai une, la moindre des choses, c’est de la proposer. Dans ma mission de conseiller EURES, j’avais déjà cette habitude de proposer des idées, d’en développer certaines tandis que d’autres restaient enfouies dans des dossiers. Il faut tout essayer pour sortir les gens du chômage et la plus petite des idées peut être la bonne.

Je me suis également dit qu’il y avait quand même une difficulté : beaucoup de gens n’ont pas conscience que la recherche d’emploi nécessite de se prendre en main et notamment de faire des démarches spontanées. Toutes les études disent la même chose, le marché de l’emploi est caché. Aujourd’hui, je peux l’affirmer, il y a 40 millions de déclarations préalables à l’embauche par an (DPAE) et 3 à 4 millions d’offres d’emploi. Cela veut dire que tout le reste échappe au réseau traditionnel. Ma première idée était donc de créer un Facebook de l’emploi. Un réseau social qui aiderait les gens à être mis en relation et à trouver du travail. Ce n’est finalement pas cette idée que j’ai développé. Pour être intrapreneur, il faut être capable de se remettre en question. Cela a commencé dès mon pitch en février 2015. Nous étions divisés en plusieurs groupes. J’ai finalement fait cavalier seul car je n’adhérais pas à leur point de vue et à leurs idées. Christophe Bonraisin (créateur de la Bonne Formation) qui pitchait lors de la même sélection que moi m’a rejoint. Il m’a dit ton idée est bonne, je te propose d’y ajouter l’utilisation de la data. Nous avons de nombreuses données, essayons de faire un état des lieux et voyons celles qui vont nous permettre de déterminer quelles seraient les entreprises à contacter en priorité. Voilà comment est née l’idée de La Bonne Boîte.

Comment votre outil fonctionne-t-il ?

Nous utilisons deux bases de données, celle des URSSAF (DPAE) et la base des entreprises présentent en France, alimentée en partie par l’INSEE. En utilisant ces deux bases de données et en faisant tourner des algorithmes, nous sommes capables de prédire si une entreprise est susceptible d’embaucher dans les six mois et vraisemblablement sur quel métier. Fin mai, nous allons être en capacité de donner un volume d’embauche. Aujourd’hui, nous ne différencions pas une entreprise qui va embaucher deux personnes de celle qui va en embaucher 100.

Quels sont les retours ?

Nous avons de très bons retours de part et d’autres, des entreprises et des demandeurs. Sur 20 000 utilisateurs ayant répondu à la question : « envisagez-vous de contacter une ou plusieurs entreprises ? » 74,6% ont répondu : « oui, je vais contacter des entreprises ». Nous leur posons une deuxième question, en leur demandant de mettre une note de 0 à 10, qui est : « recommanderiez-vous la Bonne Boîte pour rechercher du travail ? » Nous obtenons un score de 7,25.
Il y a également des entreprises comme O2 qui nous disent vouloir être mises en avant. C’est bon signe.

Que pensez-vous du concept d’intrapreneur ?

C’est une formidable aventure ! Avoir été choisi est une fierté. Cela peut faire un peu pompeux, mais dans le cadre de ce projet, j’ai rencontré des gens qui travaillent dans d’autres entreprises publiques où il est beaucoup plus difficile pour les agents qui ont des idées de se faire entendre et de se faire accompagner. L’intrapreneuriat à Pôle emploi, ce n’est pas un faire-valoir, ce n’est pas juste pour dire regardez nous donnons le pouvoir à nos conseillers de développer leurs idées, Pôle emploi le fait vraiment. J’ai l’impression que l’intrapreneuriat est en train de changer les choses à Pôle emploi. Pour moi, c’est une occasion inespérée pour tout un chacun de promouvoir ses idées et de les voir s’appliquer.

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