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Accompagnement global

21.01.2014

Quelles sont les actions engagées en matière d’accompagnement et de soutien personnalisé aux demandeurs d’emplois et aux entreprises ? Partenariat, offre de services,... Jean Bassères, Directeur Général de Pôle emploi, fait le point !


 Pouvez-vous préciser l’engagement de Pôle emploi en  matière  d’accompagnement et de soutien personnalisé aux  demandeurs  d’emplois et aux entreprises ?


 Regarder l’histoire récente de Pôle emploi, c’est observer comment  un  service public en première ligne de la crise économique et des  attentes  sociales a pris le parti de réinterroger sans cesse son  organisation, sa  culture, ses métiers en se fondant sur les besoins  de ses publics et  notamment les plus fragiles d’entre eux.
 
 Et c’est en interrogeant et écoutant les demandeurs  d’emploi, les salariés, les entreprises ou les collectivités  locales, que nous avons conçu notre plan stratégique « Pôle  emploi 2015 ».

Que dit ce plan stratégique ? Que nous devons faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin, les demandeurs d’emploi bien sûr mais aussi les entreprises ou les territoires.
Concernant les demandeurs d’emploi, notre nouvelle offre se décline autour de trois modalités d’accompagnement. Elle permet de consacrer plus de temps à ceux qui ont besoin d’être plus soutenus dans leur recherche d’emploi et d’adapter nos services et leurs fréquences en fonction de la situation de chacun. Dans le cadre de la nouvelle offre de services aux entreprises, celles-ci bénéficient également d’un accompagnement différencié en fonction de leurs attentes et de leurs besoins spécifiques.
Nous devons également nous engager avec les acteurs des territoires pour apporter des réponses aux freins individuels à l’emploi. C’est là tout l’enjeu de nos partenariats avec les collectivités territoriales et les acteurs locaux de l’emploi, de la formation et de l’insertion sociale. Nous allons fonder nos démarches partenariales sur des diagnostics territoriaux, concentrer nos efforts sur les besoins des territoires les plus fragiles, urbains ou ruraux. Nous allons adapter nos offres et les inscrire en complémentarité de celles existantes.



Vous dites « faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin », mais n’y a t-il pas d’autres difficultés à résoudre en dehors de l’emploi ?


Il existe effectivement des demandeurs d’emploi confrontés à la fois à des difficultés importantes d’accès ou de retour à l’emploi et à de grandes difficultés sociales. L’expérience acquise dans le cadre de l’accompagnement des bénéficiaires du rSa et les conclusions de l’évaluation du rSa puis les engagements de la conférence de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale en janvier dernier ont conduit Pôle emploi à envisager de revoir ses relations avec les conseils généraux afin de mieux articuler les accompagnements emploi et social.
Cette prise en compte implique des relations partenariales renouvelées avec les conseils généraux, et la mise en place de conseillers Pôle emploi dédiés au suivi et à l’accompagnement de ces demandeurs d’emploi. Cela permettra de créer une synergie entre des professionnels de l’action sociale et les conseillers de Pôle emploi, in fine ce sont bien les demandeurs d’emploi qui en ont le plus besoin, qui seront les mieux suivis.
Pôle emploi a pris la décision de ne plus faire financer de postes de conseillers par les conseils généraux pour assurer le suivi des allocataires du rSa, prenant intégralement à sa charge le coût des postes nécessaires à cette nouvelle modalité de suivi et d’accompagnement. Les conseils généraux de part leur statut, pourront, en mobilisant les gains ainsi réalisés, proposer une offre de ressources sociales pour répondre au besoin d’un plus grand nombre de bénéficiaires. Les discussions avancent, la forme du partenariat repose sur des principes directeurs définis en commun entre la direction générale de Pôle emploi et l’assemblée des départements de France et les modalités de travail se construisent au plus près du terrain.
Les demandeurs d’emploi qui se retrouvent dans cette situation ont réellement besoin d’un suivi conjoint entre un travailleur social et un conseiller Pôle emploi. Il ne s’agit plus de prendre en compte le seul statut du demandeur d’emploi, mais d’abord sa situation au regard des problématiques tels que l’isolement, l’endettement, le logement, la mobilité, les problèmes de santé… pour une intégration durable sur le marché du travail.



Vous parlez de « freins sociaux » mais, parmi les demandeurs d’emploi les plus en difficultés, il y a bien les jeunes, même si les concernant la hausse du chômage semble être endiguée… dans le contexte de crise et avec les annonces de votre tutelle, quelle action spécifique engagez vous ?


Il faut d’abord rappeler qu’en 2012, 674 000 jeunes de moins de 25 ans se sont inscrits pour la première fois à Pôle emploi. Pôle emploi est donc en première ligne dans la lutte contre le chômage des jeunes. Bien entendu, nous travaillons en lien étroit avec le réseau des missions locales avec qui nous mettons en œuvre de manière conjointe les emplois d’avenir : 80% des bénéficiaires étaient inscrits à Pôle emploi.
Dans le cadre du programme européen de garantie pour la jeunesse, Pôle emploi mobilise les dispositifs mis en place par le gouvernement : les emplois d’avenir, le contrat de génération, l’alternance. Par ailleurs, nous adaptons nos prestations et en créons de nouvelles, notamment en matière d’orientation professionnelle.
Nous avons pour ambition de multiplier, pour les jeunes, les occasions de rencontres avec le monde de l’entreprise, particulièrement par des périodes d’immersion allongées et le développement du dispositif de parrainage.
Notre objectif est d’améliorer les résultats en termes d’accès à l’emploi des jeunes en proposant des solutions aux principales difficultés qu’ils rencontrent : le défaut d’information sur le marché du travail ; l’inadéquation entre, d’une part, les capacités et le projet professionnel et, d’autre part, les opportunités liées au marché local ; et l’existence de problématiques sociales, culturelles ou de santé, pouvant constituer des freins à l’emploi.
L’intervention de Pôle emploi est conduite dans une dynamique partenariale en complémentarité avec les acteurs menant une large gamme d’actions auprès des jeunes : missions locales, plateformes de décrochage et universités. Mais aussi en s’appuyant sur un nouveau partenariat avec les conseils généraux pour consolider les parcours des jeunes les plus éloignés de l’emploi en levant les freins à leur insertion professionnelle.

Article issu de la Revue de l’Administration