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Premier bilan de l’approche globale de l’accompagnement

09.07.2015

Pôle emploi, l'Assemblée des Départements de France et la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) ont signé il y a un an, un protocole pour accompagner en commun les demandeurs d'emploi en difficulté sociale. Ils font aujourd’hui un 1er bilan de cette coopération encore jeune mais efficace.

« Il y a de plus en plus de salariés pauvres. Il n’y a que deux réponses possibles : recentraliser ou décentraliser. Et nous, nous pensons qu’il est impossible d'avoir une réponse générale vue d'en haut ». Pierre Bédier, vice-président de l'Assemblée des Départements de France (ADF) et Président du conseil départemental des Yvelines, a posé d'emblée le cadre du séminaire organisé par l'ADF, Pôle emploi et la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) sur « L'approche globale de l'accompagnement. »

Un an après la signature du protocole national pour l'accompagnement des demandeurs d'emploi en difficultés sociales et professionnelles, 68 départements sont déjà entrés dans la démarche. Le but ?

Articuler au mieux l’action des acteurs de l’emploi et du social en fonction des spécificités de chaque territoire, coordonner les politiques sociales et d'emploi et repositionner chacun dans son cœur de métier tout en agissant de concert. Aux départements l'insertion sociale, et à Pôle emploi l'insertion professionnelle mais en agissant de manière conjointe avec une nouveauté, l’élargissement de cette coopération au-delà des bénéficiaires du RSA. « Il faut se méfier des catégories administratives », a en effet expliqué Jean Bassères, le directeur général de Pôle emploi. On peut être au RSA sans avoir besoin d'accompagnement spécifique et l’inverse est tout aussi vrai. « En alliant social et professionnel, cet accompagnement global est un vrai changement de vision, a également souligné Emmanuelle Wargon, déléguée générale de la DGEFP. Il fait le pari de traiter les gens à partir de leur situation et non de leur statut ».

Claude Gorges, Directrice Partenariats Territorialisation et Relations Extérieures de Pôle emploi et Augustin Rossi de l’ADF ont fait un premier point sur la mise en place du dispositif grâce aux questionnaires adressés aux 60 territoires, remplis conjointement par les directeurs territoriaux de Pôle emploi et les représentants des conseils départementaux. Il apparait qu'en mai 2015, 16 096 demandeurs d'emploi étaient entrés en accompagnement global dont 64,8% bénéficiaires du RSA et 8,8% de l'Allocation Solidarité Spécifique (ASS). Hommes et femmes arrivent à égalité, et les habitants des quartiers prioritaires représentent 12,8% des accompagnés.
L'un des premiers à avoir cru à ce dispositif, Etienne Petitmengin, Directeur général adjoint du conseil départemental du Doubs, a, lui, trois convictions : « Il faut d’abord sortir de la logique des guichets pour simplifier la vie des personnes en difficulté. Ensuite il faut se défaire de cette fausse idée que les gens trouveront un emploi après avoir résolu leurs problèmes sociaux, qui sont en fait la conséquence de leur absence d'emploi. Enfin, il faut admettre que l'accompagnement est au cœur de nos métiers ». Et il ajoute : « Pôle emploi a organisé son offre de service en fonction de l'autonomie des personnes dans leur recherche d'emploi. Cette démarche impose d'organiser notre accompagnement en fonction de la distance de ces personnes par rapport à l'autonomie. Cela implique la réappropriation par les travailleurs sociaux du département de la dimension d'insertion ».

Si cet accompagnement global est « une belle action », comme l'a affirmé Philippe Siebert, Directeur régional de Pôle emploi Bretagne, il passe néanmoins par un temps d’acculturation entre les départements et Pôle emploi qui n'ont pas la même organisation et « cela demande du temps ». Mais les résultats arrivent : en Bretagne grâce à ce dispositif plus de la moitié des personnes accompagnées sont en reprise d'emploi ou en formation et un quart sont en accompagnement social.

Le montage financier de ce nouveau partenariat a été l'une des grandes nouveautés de ce protocole

Pôle emploi a mis fin au financement des postes de conseillers par les conseils départementaux considérant que c’était son métier d’accompagner tous les demandeurs d’emploi et a sollicité un financement dans le cadre du FSE. Pôle emploi devient l'organisme intermédiaire et dispose d'une délégation de gestion et de contrôle des services faits sur les opérations subventionnées, comme l'a précisé Tristan Klein de la sous-direction du Fonds social européen qui a débloqué 1,6 milliard d’euros. Les crédits FSE sont essentiels pour les deux partenaires. Ils permettent de financer l’accompagnement global par 500 conseillers. Pierre Bédier précise également, « les départements n’ont plus d’argent, sans ces crédits, nous ne pourrions pas continuer l’opération ».

Même s'il est encore un peu tôt, comme l'a souligné Jean Bassères, pour évaluer la réussite de cette opération « qui n'a de sens que si le taux de retour à l'emploi s'améliore », il en a néanmoins tiré des leçons générales bénéfiques. Notamment que ce travail intelligent entre Pôle emploi et les collectivités locales pourrait inspirer d'autres relations, notamment avec les régions.

Approche globale de l'accompagnement