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Alice Cordonnier : objectif championnats de France


Publié : le 02 May 2012

Alice Cordonnier est sportive de haut niveau en Kung-fu Sanda et conseillère à Pôle emploi. Embauchée en mars 2012, elle fait partie des 1 000 CDD venus renforcer les dispositifs Pôle emploi. A Montpellier, elle conseille les demandeurs d’emploi la journée et revêt son statut de championne de France de Kung-fu Sanda le reste du temps. Au programme, coups de pieds, coups de poings, des saisies, des projections… Avec un seul objectif, gagner les championnats de France en 2013 et être aux championnats du monde qui suivront.

Vous êtes sportive de haut niveau depuis le 1er avril. Quels changements avez-vous constaté ?

« Professionnellement, être reconnue comme sportive de haut niveau me permet de demander des aménagements de mon temps de travail (horaires, congés). Ainsi, je peux concilier vie professionnelle et vie sportive sans aucunes difficultés.

Personnellement, je suis fière de faire partie de l’équipe de France ! En plus, avec ce titre j’acquière une reconnaissance nationale qui me donne légitimité à promouvoir le Kung-fu Sanda, un sport aujourd’hui encore peu connu. »

"La Fédération de Wushu s’agrandit, se structure et gagne en notoriété. L’objectif pour nous est de représenter ce sport aux JO 2020. "

Comment avez-vous découvert ce sport ?

« Il y a 4 ans, c’est un ami qui m’a convié à des cours de Kung-fu Sanda. Dans mon imaginaire, j’associais ce sport à Bruce Lee, j’y suis allée par curiosité. Ca m’a tout de suite plu. C’est complet et les valeurs me correspondent : solidarité, esprit d’équipe… Depuis je ne décroche plus. J’ajoute à mes 3 entraînements hebdomadaires, quelques heures de musculation et de cardio. Je tiens à garder mon titre ! »

Comment devient-on sportive de haut niveau en si peu de temps ?

« C’est une fédération qui compte encore peu de licenciés contrairement à d’autres arts martiaux, il est donc plus facile d’évoluer. Tout est allé très vite. En février dernier, je suis allée au championnat de France dans l’optique de découvrir la compétition et de pourquoi pas faire un résultat. Et pourtant, en plus d’avoir remporté la victoire, j’ai été sélectionnée dans l’équipe de France pour participer aux championnats d’Europe à Tallinn en Estonie. »

Je veux d’ailleurs remercier tout le staff (coaches, médecin, fédération) qui nous aide vraiment à nous surpasser en nous mettant dans les meilleures conditions.

Vous avez ramené la médaille de Bronze…

« Sur le coup, quand je suis sortie du combat, j’étais fière. J’avais tout donné et ma prestation avait plu à mes coaches. Puis quelques jours après, en regardant la vidéo, je me suis remise en question, j’étais déçue de ne pas avoir fait mieux. Je m’entraine tous les jours avec l’objectif de remporter le championnat de France en 2013 et de me qualifier aux championnats du monde. Hier, j’avais tout à gagner, aujourd’hui j’ai encore tout à gagner mais je dois prouver que je ne suis pas arrivée par hasard. »

Peut-on dire que ce sport tend à se féminiser ?

« Tout à fait ! Le Kung-fu Sanda séduit de plus en plus de filles : c’est l’occasion pour elles de se montrer, de se défouler et d’apprendre à se défendre. Dans certains pays comme l’Iran ou la Turquie, les femmes y trouvent un moyen de s’exprimer librement et de se faire une place dans la société. Ce sont d’ailleurs nos plus grandes concurrentes avec la Russie. »

"Quand on est sportive de haut niveau, on ne s’arrête pas. J’ai 25 ans et je veux me donner les moyens de gagner ma place dans le Kung-fu Sanda."