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En Bretagne, Pôle emploi navigue sur les flots du secteur de la construction navale


Publié : le 09 August 2012

Depuis une dizaine d’années, Claudine Veyret, conseillère pôle emploi de Lannion, est référente de l’entreprise Boréal, fabriquant de voiliers de luxe à Tréguier.

A l’époque le futur patron de Boréal est … demandeur  d’emploi. Mais il ne compte pas le rester longtemps. Après une formation de soudeur alu, il intègre, grâce à Pôle emploi, une entreprise de nautisme de Tréguier. Passionné de bateaux il y dessine celui de ses rêves et le construit au sein-même de l’entreprise. Puis l’achète… avant de le revendre à un client qui a « flashé » sur le modèle. C’est dans ce droit fil, qu’en 2005, il crée Boréal.

Recruter pour une PME : investissement au long cours

Claudine Veyret était là à l’origine puisque c’est elle qui a été la conseillère de Jean-François Delvoye à l’époque à l’ANPE. Elle le connait parfaitement. « Il a toujours souhaité proposer des « machines à rêves » à ses clients », explique-t-elle. Chaque bateau représente 5 000 heures de travail mobilisées par des activités de soudure et de chaudronnerie, et surtout de menuiserie, la qualité des aménagements intérieurs constituant un argument d’attrait essentiel pour le produit. Un bateau livré en 2010, deux l’an passé, six cette année, dix en commande pour l’an prochain, quelques prix du « voilier de l’année » à fort impact d’image, ont dopé la croissance des objectifs et donc celle d’un effectif qui passera de quinze personnes cette année au double en 2013.

Accompagner la croissance d’une PME nécessite de connaître l’entreprise. 

«  Les métiers de Boréal sont assez spécifiques, alors dès qu’un conseiller de l’agence reçoit un CV susceptible d’intéresser l’entreprise, nous le lui adressons. Notre travail en réseau, avec d’autres régions, nous permet de compléter ce vivier » déclare Claudine. L’accompagnement de la croissance de Boréal se fait dans la durée et avec minutie. Point sensible pour une entreprise qui ne recrute pourtant qu’en CDI, les postes d’aménageur. « Plusieurs entreprises du secteur sont confrontées à une pénurie sur ces métiers, poursuit Claudine. Il faut donc mettre des formations en place, à l’instar de ce qui a été fait, de décembre à avril dernier, en soudure alu ».

En lien avec l’UIMM* et l’AFPI* une action de formation conventionnée en réponse aux besoins de plusieurs PME a été montée dans ce secteur, suivie par Xavier Audrezet, chargé de mission partenariat à Pôle emploi. « Nous sommes une petite entreprise qui ne peut rien laisser au hasard, explique Jean-François Eeman, l’associé de J-F Delvoye. Nous sommes exigeants parce que tout ce que nous faisons se voit. Nous ne négligeons donc rien en matière d’intégration de nos salariés, à commencer par l’étape "Evaluation en Milieu de Travail". Trois critères sont essentiels : l’attitude du candidat, son potentiel et le chemin qu’il lui reste à parcourir pour pouvoir maîtriser son poste.» 

* Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie

* Centre de formation reconnu au service des entreprises de la région Pays de la Loire est l’outil de formation et de conseil de la Métallurgie ainsi que du Medef. L’AFPI s’adresse ainsi aux entreprises mais aussi à celles et ceux qui souhaitent se former pour être les compétences de l’industrie de demain.

Un parcours étonnant

Navigateur(s), Kiné de formation, Jean-François Delvoye, alors chef d’entreprise dans le bâtiment, construit parallèlement son bateau dans son jardin, chez lui, en Belgique. Il vend alors son affaire et met sa création à l’eau pour effectuer un tour du monde avec femme et enfants. Au cours de ce périple, il croise, dans les glaces de l’hémisphère sud, un autre aventurier, belge comme lui, Jean-François Eeman, aujourd’hui son associé. Son fils aîné devant passer son BAC, il décide alors de jeter l’ancre à Tréguier… Demandeur  d’emploi, il entreprend une formation de soudeur alu, il intègre, grâce à Pôle emploi, une entreprise de nautisme de Tréguier. Passionné de bateaux il y dessine celui de ses rêves et le construit au sein-même de l’entreprise. Puis l’achète… avant de le revendre à un client qui a « flashé » sur le modèle. La société Boréal est ainsi née du parcours et de la rencontre étonnante de deux Jean-François.