L’Indicateur Conjoncturel de Durée au Chômage (ICDC)
Publié : le 16 July 2012
L’indicateur conjoncturel de durée au chômage (ICDC) est un nouvel indicateur conjoncturel proposé par Pôle emploi dans le but de synthétiser l’incidence de la conjoncture économique sur l’état du marché du travail, et les opportunités qu’il offre pour trouver rapidement un emploi.
Il consiste à évaluer la durée moyenne de chômage d’une cohorte fictive de demandeurs d’emplois qui y sont entrés au cours d’un trimestre donné et qui connaîtraient tout au long de leur parcours le même environnement économique sur le marché du travail que celui de leur trimestre d’entrée au chômage. L’ICDC présente l’intérêt de refléter très rapidement les modifications de la conjoncture économique.
Depuis 2001, l’ICDC a connu une évolution en trois phases, reflet des évolutions économiques sur la période.
Ainsi, entre 2001 et 2004, l’atonie du marché du travail s’est traduite par un indicateur relativement stable, en légère progression jusqu’au quatrième trimestre 2004. Entre 2005 et 2007, sous l’impulsion d’une croissance économique vigoureuse (entre le 4e trimestre 2004 et le 4e trimestre 2007, le PIB français s’est accru de 6,5%) conduisant à un dynamisme marqué de l’emploi, l’indicateur a fortement baissé. Il a atteint son niveau le plus bas au 1er trimestre 2007, avec une durée attendue de 7,5 mois.
L’entrée en récession au 2e trimestre 2008 se traduit par une remontée de l’indicateur, qui atteint son point haut au 2e trimestre 2009 en avoisinant les 12 mois.
Depuis, la persistance d’un niveau de chômage élevé n’a pas permis à cet indicateur de baisser. Avec le repli de la croissance depuis le 2e trimestre 2011, il atteint un nouveau pic au 4e trimestre 2011, à 359 jours.
L’ICDC se différencie nettement selon le motif d’inscription sur les listes de Pôle emploi.
Entre le 2e trimestre 2008 et le 2e trimestre 2009, un peu plus d’un quart des emplois intérimaires, occupés majoritairement par des hommes, ont été détruits (170 000 emplois détruits). L’indicateur de durée de chômage suite à une fin de mission d’intérim a bondi de plus de 70% entre les deux périodes, soit près de 6 mois de plus. La crise a aussi durement affecté les salariés licenciés. En revanche, son impact, bien que réel, a été plus faible pour les personnes ayant démissionné, celles reprenant une activité ou encore celles qui se sont inscrites pour la première fois.
Cet indicateur fera l’objet d’une communication trimestrielle présentant les principales évolutions observées. La première publication trimestrielle sous cette forme aura lieu en septembre et présentera les résultats des 1er et 2e trimestres 2012.
