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#DigitalPE, la transparence support de l’innovation

28.06.2017

Le 15 juin dernier se déroulait le deuxième #DigitalPE, un rendez-vous qui illustre le travail effectué par Pôle emploi en matière d’innovation digitale et d’accompagnement des start-up. Au cœur des réflexions de cette édition : la transparence est-elle un levier d’excellence ?

La période s’y prêtait particulièrement bien ! Après l’effervescence du premier jour du salon VivaTechnology, les participants à cette deuxième édition de #DigitalPE retrouvaient l’atmosphère cosy du Hub de la BPI avec un plaisir non dissimulé… Un certain nombre d’acteurs de l’écosystème du digital, de l’emploi et de l’innovation RH s’étaient donc donnés rendez-vous dans cet étonnant lieu de création et de connexion autour de Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi, afin d’évoquer les bienfaits de la transparence sur l’innovation.

Les intervenants étaient nombreux : Henri Verdier, à la tête de la Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat, Dominique de Ternay, directeur marketing RATP, et un florilège de ce qu’il se fait de mieux en matière de start-up de l’emploi : Sylvain Tillon (Tilkee), Henri de Corn (Rickrut), ou encore Jérémy Lamri (Monkey tie), également à l’origine du Lab RH.

Opportunités et devoirs

Sur le sujet, Jean Bassères, a rappelé que pour Pôle emploi « le numérique a été une énorme bouffée d’oxygène », avant d’affirmer sa conviction : « Si nous ne sommes pas extrêmement innovants dans les jours et les années qui viennent, nous n’intéresserons plus les jeunes générations. La transparence, qui rejoint la problématique d’ouverture de données, est le carburant de l’innovation. (…) Certaines avancées montrent que la transparence est un élément essentiel pour favoriser la formation des demandeurs d’emploi. La Bonne Formation, par exemple, révèle les taux de retour à l’emploi après une formation… Nous lançons également Anotéa avec la région Île-de-France, le ʺTripAdvisor de la formationʺ, une application qui permet aux demandeurs d’emploi d’évaluer la formation qu’ils ont reçue. Nous avons des enjeux extrêmement forts autour du Compte Personnel d’Activité (CPA). »

Henri Verdier, quant à lui, a donné au débat une autre perspective, celle des « secrets légitimes » et des limites de cette transparence. La première étant la vie privée : « S’il n’y a pas de for intérieur, d’intime conviction, de secret de l’isoloir, il n’y a plus de démocratie ». La seconde tenant à la protection des données et des personnes : « L’Etat a le devoir de protéger celui qui a été obligé de se confier à lui ». En effet, la transparence impose des responsabilités aux institutions, même si « la transparence des données, des codes et des décisions peut être un incroyable levier d’excellence ! », a-t-il précisé.

Selon lui, pour être utile, la transparence nécessite attention, échanges, corrections, partages. Le directeur interministériel du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat a soumis à l’audience plusieurs idées intéressantes et intimement liées : le devoir de rendre des comptes, le devoir de se laisser challenger par des personnes extérieures, le devoir de donner du pouvoir aux gens…

Un outil au cœur de l’innovation

C’est au travers d’exemples plus concrets que Dominique de Ternay, directeur marketing de la RATP, ainsi que Sylvain Tillon, fondateur de la start-up Tilkee, ont abordé le sujet. Si le premier a mentionné différents services comme l’Alerte Trafic, montrant ainsi que la transparence n’est pas toujours bénéfique en matière d’image pour celui qui la pratique ; le second a développé l’idée qu’elle permettait de donner du pouvoir à ceux qui à première vue n’en ont pas. Ainsi, Tilkee est un service permettant au demandeur d’emploi de savoir si son CV est consulté, quand et combien de temps. Une révolution qui ouvre un nouveau champ de réflexion…

La transparence donne également naissance à des API, ces interfaces informatiques qui favorisent la création de nouveaux services. C’est le cas pour La Bonne Formation, mais aussi pour Ma Cigogne, un site Internet et une application mobile offrant une solution d’accueil en crèche ou en halte-garderie pour les enfants de moins de 3 ans des demandeurs d’emploi en recherche active. Carole Leclerc, directrice adjointe en charge du domaine de l’innovation digitale, et Stéphane Frère, responsable big data chez Pôle emploi, ont d’ailleurs annoncé que d’ici fin 2017, une dizaine de nouvelles API viendront compléter le jeu de données déjà accessibles sur l’Emploi Store Développeurs.

#DigitalPE, qui s’est conclu par un moment d'échange autour d’un verre, a donné à tous l’occasion d’exprimer leur point de vue et de présenter leurs innovations, en présence d'ambassadeurs du digital de Pôle emploi. Ce rendez-vous original et convivial n’en est encore qu’à ses débuts. La suite au prochain numéro.

Le cycle de l'innovation