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Emploi des jeunes : l’accompagnement intensif marque des points

16.03.2017

Ils sont 154 000. 154 000 jeunes qui depuis septembre 2014, bénéficient d’un accompagnement spécifique : l’AIJ (pour « accompagnement intensif des jeunes demandeurs d’emploi »). Un peu plus de deux ans après son lancement, le succès est au rendez-vous.

L’AIJ est bien plus qu’un nouveau sigle. C’est d’abord l’approfondissement d’une démarche visant à faire de l’accompagnement l’une des priorités de Pôle emploi. Depuis le premier semestre 2013, il en existe trois sortes : le « suivi », destinée aux demandeurs d’emploi les plus autonomes, l’accompagnement « guidé », s’adressant aux demandeurs d’emploi ayant besoin d’un appui régulier, enfin l’accompagnement « renforcé », réservée aux demandeurs d’emploi les plus éloignés du marché du travail.

Des conseillers dédiés

Mais l’AIJ, c’est aussi une vraie innovation. Innovation par la population à laquelle il s’adresse, puisqu’il concerne les jeunes de moins de 26 ans ne parvenant pas à s’insérer durablement sur le marché du travail.

C’est aussi une innovation par les moyens déployés en vue de sa mise en œuvre : la clé de voûte de l’AIJ, ce sont ses conseillers dédiés, 788 très exactement, dont les emplois ont été cofinancés par des fonds européens. Ce sont eux qui assurent au quotidien le suivi des bénéficiaires. Leur mission : guider ces jeunes dans leur recherche d’emploi, soit sous la forme d’un accompagnement individuel d’une durée de six mois, soit sous celle d’un accompagnement collectif d’une durée de trois mois.

Un peu plus de deux ans après son lancement, le dispositif a fait la preuve de son efficacité. L’étude menée par la Direction des Statistiques, des Études et de l’Évaluation, montre en effet que la probabilité, pour les bénéficiaires, d’avoir retrouvé un emploi dans les deux à trois mois suivant la fin théorique de leur accompagnement, est de 10 points supérieure à celle constatée habituellement pour les demandeurs d’emploi présentant un profil comparable. Ce qui traduit une augmentation de 28% du taux de retour à l’emploi. Les résultats sont encore plus éloquents lorsque l’on s’intéresse aux jeunes ayant cumulé 12 mois d’inscription sur les listes de Pôle emploi au cours des 24 derniers mois : le différentiel est de 21 points !

Un meilleur suivi des bénéficiaires

Plusieurs facteurs permettent d’expliquer ces bons résultats. Le premier est que les conseillers ont la possibilité de concentrer leurs efforts sur un nombre restreint de bénéficiaires. Dans le cadre de l’accompagnement individuel, le ratio est de 1 conseiller pour 50 à 70 demandeurs d’emploi. Dans celui de l’accompagnement collectif, plus rare (seulement 3% des bénéficiaires), il est de 1 pour 12 à 1 pour 15.

Les bénéficiaires ont ainsi des contacts plus fréquents avec leur conseiller. Depuis le lancement du dispositif, 8 sur 10 ont eu au moins un entretien physique par mois, auquel s’est ajoutée, pour un bénéficiaire sur deux, la participation à des séances de travail collectives. Des contacts réguliers ont également lieu par mail ou par téléphone.

Les conseillers ainsi libérés de toute autre tâche disposent aussi de davantage de temps pour s’informer, chercher des offres adaptées et nouer des contacts avec des employeurs potentiels.
Cette relation suivie avec leur conseiller semble également avoir eu une incidence positive sur le comportement des bénéficiaires. Une part significative d’entre eux estiment que le dispositif leur a permis « de rester motivés et ne pas baisser les bras » (69,6%), « de faire le point sur leurs difficultés et leurs atouts » (64,5%), ou encore « d’optimiser leur recherche d’emploi » (67,6%).

Dans son récent rapport sur l’accès des jeunes à l’emploi, la Cour des Comptes a insisté sur l’efficacité des dispositifs d’accompagnement intensif. Le succès de l’AIJ en est une bonne illustration.