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Jean Lourdin, directeur général de SOS Bricolage

15.03.2017

SOS Bricolage est un réseau d’intervenants dans le domaine des petits travaux qui se développe depuis quelques années sur tout le territoire français. Inspiré du modèle de la franchise, son offre se veut accessible à tous les publics et permet d’aider des demandeurs d’emploi à créer leur propre activité. Rencontre avec son fondateur.

 

Pouvez-vous nous expliquer le concept de SOS Bricolage ?

SOS Bricolage est le premier réseau national de « Bricoleurs Professionnels » à domicile. L’entreprise est née en 2009 et s’est développée en réseau à compter de 2013. Au moment de l’ouverture du marché des services à la personne, nous avons identifié celui du « petit bricolage » et du « petit jardinage ». Nous spécifions bien « petit » afin de le différencier du positionnement d’un artisan qui doit obligatoirement disposer une qualification (CAP, BEP…) pour pouvoir exercer son activité.
Force est de constater qu’aujourd’hui, lorsque l’on fait appel à un artisan pour ces petits travaux : poser des tringles à rideau, monter un meuble, nettoyer la terrasse, tondre la pelouse, tailler la haie… il ne se déplace pas ou les facture très chers.
Notre service est universel. Beaucoup de nos clients sont des femmes seules, des seniors, que nous délivrons de toutes les petites tâches qu’ils ne peuvent ou n’aiment pas faire.

Comment l’idée est-elle née ?

J’ai personnellement toujours aimé bricoler. Cette activité est devenue pour moi une passion. Au niveau professionnel, j’ai passé une dizaine d’années au sein du groupe Bouygues (Bouygues Télécom et 9Télécom) avant de rejoindre le groupe Moving en tant que directeur général. C’est de cette expérience dans la franchise, couplée à ma passion pour le bricolage, qu’est née l’idée de SOS Bricolage. J’ai ensuite exercé moi-même la fonction d’intervenant dans les Yvelines afin d’appréhender les problématiques de l’activité, m’assurer que le marché existait bien, et enfin, nous avons intégré nos premiers intervenants indépendants.
Il faut bien souligner que nous avons développé notre concept dans un esprit social et solidaire. Pour exemple, le kit initial est positionné à 3 000 euros HT. Il est volontaire de notre part, notamment dans le cadre de notre partenariat avec Pôle emploi, d’avoir positionné une offre permettant au maximum de personnes de nous rejoindre et de recréer ainsi leur emploi. Sur les portails de la franchise, il est beaucoup plus courant de trouver des concepts à 30 000 euros qu’à 3 000…

Vos « Bricoleurs Professionnels » sont donc des franchisés ?

Oui, même si ce ne sont pas juridiquement des « franchisés ». Nous avons construit un contrat de partenariat très simple, qui est plus proche de la licence de marque. La franchise implique beaucoup plus de contraintes pour l’enseigne et pour le franchisé, en termes de territoire, d’obligation d’activité… Nous avons, par exemple, des intervenants qui sont chauffeurs de bus le matin et travaillent pour nous l’après-midi : l’intervenant est son propre patron et s’organise comme il le souhaite.
En ce qui concerne le statut, même si le budget nécessaire est volontairement accessible, beaucoup de nos candidats ne disposent pas de ce financement. Pour l’obtenir auprès des banques, ils optent pour un statut d’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) ou alors de SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle). Même pour des petites structures, ces choix rassurent les banques sur le fait que les créateurs s’y impliqueront concrètement. A contrario, le statut de micro-entrepreneur rend souvent les banques beaucoup plus frileuses.

Quelles sont les perspectives de développement ?

À ce jour, nous avons intégré près d’une centaine d’intervenants sur toute la France. Notre but est de pouvoir atteindre un niveau de 300 à 400 intervenants, soit en moyenne 3 à 4 par département. Bien évidemment, nous en positionnerons davantage dans les Yvelines que dans la Creuse, mais nous disposons encore de nombreuses zones qui ne sont pas pourvues. En effet, nous nous devons de densifier notre présence car nous recevons encore beaucoup de demandes clients que nous ne pouvons gérer faute d’intervenant. Nous sommes le seul réseau du secteur développé sur toute la France.

Comment se déroule l’intégration des candidats ?

Tous les mois, nous intégrons de nouveaux intervenants de tous âges et de toutes régions. Nous les rassemblons dans des sessions de formation et d’intégration adaptées. Nous les conseillons dans la création de leur entreprise, leur expliquons comment trouver des clients, et partageons avec eux l’ensemble de la « méthodologie SOS Bricolage » qui leur permet de développer très rapidement une clientèle sur leur région. Nos intervenants disposent souvent d’une très bonne approche technique, mais ont besoin de se perfectionner au niveau de la création et la gestion d’entreprise. Notre journée d’information et d’intégration les met tous à niveau.
Nous sommes fiers de compter et d’accompagner, parmi ceux qui nous rejoignent, de nombreux demandeurs d’emploi.

Comment travaillez-vous avec Pôle emploi ?

Ensemble, nous avons développé et relayé une annonce sur tous les départements français. Cette annonce précise bien qu’il ne s’agit pas d’une activité salariée. Nous avons également organisé quelques réunions avec des régions intéressées par le concept et participé à des salons avec Pôle emploi afin de mieux nous faire connaître.
Tous les jours, nous analysons des candidatures de demandeurs d’emploi et les sensibilisons aux tenants et aboutissants de la création d’entreprise. Ils reçoivent en retour un dossier d’information complet et peuvent nous questionner à tout moment pour obtenir davantage d’informations. Ces candidats comprennent que nous leur offrons une solution clés en main : la formation initiale complète, les flyers, les documents, la marque, le site Internet, les partenariats avec des grandes enseignes… Toutes les conditions pour aller plus vite et vivre de cette nouvelle activité.

Ces demandeurs d’emploi...