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Catherine BEAUVOIS, secrétaire générale du CNEFOP

16.03.2017

Catherine Beauvois, secrétaire générale du CNEFOP, revient sur le fondement et les missions de ce nouvel espace de concertation et de coordination, avant d’aborder le conseil en évolution professionnelle, outil dont le CNEFOP assure le suivi du déploiement.

Qu’est-ce-que le CNEFOP ?

Le CNEFOP, conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle est issu de la loi du 5 mars 2014 qui a par ailleurs très largement réformé la formation professionnelle continue. Né de la conviction que l’imbrication des politiques publiques de l’emploi, de l’orientation et de la formation professionnelle est telle qu’il devenait indispensable de créer un espace permanent permettant de renforcer un pilotage quadripartite des dispositifs d'intérêt partagé. C'est pourquoi ont été créé au niveau national le CNEFOP et au niveau régional les CREFOP.
Au niveau national, le CNEFOP regroupe l’Etat, représenté par 12 ministères dont celui de l’Emploi et la Formation Professionnelle et de l’Education Nationale, ainsi que les régions, les partenaires sociaux représentatifs au niveau national et interprofessionnel ou multi-professionnel, les chambres consulaires et les principaux opérateurs du champ l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle (EFOP). Au regard des compétences respectives de chacun des acteurs du champ EFOP, une action coordonnée est essentielle si on veut contribuer efficacement à la sécurisation des parcours et à la création d’emploi.

Quelles sont ses missions ?

Le CNEFOP a la responsabilité d’organiser la concertation et la coordination étroite entre l’ensemble des responsables des politiques publiques du champ EFOP.
Le CNEFOP est l’instance de consultation sur l’ensemble des textes légaux et réglementaires du champ, mais également l’instance de concertation, de suivi, de coordination et d’évaluation des politiques de l’emploi de la formation professionnelle initiale et continue, ainsi que de l’orientation tout au long de la vie.
Il définit également les priorités triennales dans la cadre d’une stratégie partagée et assure le suivi du déploiement du compte personnel de formation et du conseil en évolution professionnelle, issus de la réforme de mars 2014.
Les travaux sont préparés au sein de 6 commissions : « comptes », « évaluation », « parcours professionnels », « qualité, développement des compétences et qualifications », "Systèmes d'information" et « Territoires ». Cette dernière commission est notamment à l’initiative des recommandations méthodologiques pour l’élaboration concertée du contrat de plan régional de développement des formations professionnelles (CPRDFP) 2016-2022, l’instrument central de programmation et de pilotage des dispositifs déployés en région.

Où en est-on du déploiement du conseil en évolution professionnelle ?

Le CNEFOP travaille actuellement à la réalisation du 2ème rapport de suivi de la mise en œuvre notamment du CEP au sein des commissions « parcours professionnels », « qualité, développement des compétences et qualifications ».
Le CEP est né de la loi du 5 mars, après avoir initialement été créé par les partenaires sociaux à l'attention des seuls salariés durant les négociations qui ont précédé la réforme. Le bénéfice du CEP a été élargi à l’ensemble des actifs, l’enjeu de la réforme étant de structurer des outils contribuant à la sécurisation des parcours professionnels quel que soit le statut des personnes.
Avec le CEP, l'ambition était de faire travailler 13 réseaux distincts, qui ignoraient pour certain avoir une partie de leur métier partagé avec les autres réseaux, de faire converger leurs pratiques autour d’un cahier des charges unique du CEP. Ces réseaux ont acceptés de re-questionner leurs modalités classiques d’accompagnement et penser un accompagnement plus qualitatif, mieux personnalisé. De même, le cahier des charges précise que les opérateurs du CEP « s'engagent à conduire des actions de professionnalisation de leurs personnels par l’intermédiaire de leurs moyens internes ». Les missions et la posture « de facilitateur » du conseiller sont détaillées : il doit notamment porter « une attention particulière aux publics les plus fragiles » et respecter « l’initiative de la personne ». L’un des objectifs du CEP est de proposer un accompagnement qui permette de développer l’autonomie de la personne dans sa capacité à construire son parcours et à faire des choix d’orientation. Or l'ensemble des réseaux du CEP travaillent désormais ces aspects.
Le CEP est porteur d'une réforme ambitieuse un peu utopique, elle est pourtant en train d'être mise en œuvre et c’est une vraie source de satisfaction.
Les éléments du 2ème rapport de suivi attestent que les réseaux ont pris la mesure, mieux que l’an dernier, du saut qualitatif qui est attendu d’eux. On le voit de façon très perceptible à la précision et la qualité des propos qu’ils nous tiennent sur les projets qu’ils ont engagés en 2016 et qu’ils vont continuer à mener en 2017 tant sur des enjeux d’offre de services clarifiée, plus fluide et accessible, que, et de mon point de vue c’est un signe encore plus important, d’effort en termes de professionnalisation et par conséquent de réflexion structurelle sur les équipes, les recrutements, et les parcours de formations.

Quid de la mise en œuvre du CEP par Pôle emploi ?

Le plan de déploiement de Pôle emploi au sein de son réseau d’agences est tout à fait convaincant, en adéquation parfaite avec nos recommandations. La démarche d’accompagnement des agences permet d’embarquer l’ensemble de la ligne managériale dans la mesure d'écart au regard des pratiques et la construction du plan d’actions local pour accompagner le saut qualitatif attendu avec le CEP ; cette méthode sécurise la conduite et la réussite de l’appropriation du cahier des charges du CEP.

Quel défi majeur reste, selon vous, à relever ?

L’ensemble des opérateurs du CEP, et c’est plus que naturel, ces premières années, ont essentiellement travaillé à la mise à niveau de leur offre de services respective.
Cependant, au cœur du cahier des charges du CEP et des enjeux de sécurisation des parcours, est rappelée la nécessité pour l’ensemble des opérateurs du CEP de travailler en réseau et donc de renforcer leurs partenariats, tant entre opérateurs du CEP qu'avec les autres opérateurs pouvant contribuer au service attendu dans ce cadre, comme les acteurs du SPRO par exemple. La prochaine étape consistera certainement à investir l’analyse des évolutions à conduire par chacun des opérateurs du CEP sur l’ensemble de leurs partenariats pour assurer cette mise en réseau.

 

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