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Les #Erasmusdays fêtent les 30 ans d’Erasmus

13.10.2017

Depuis sa création par Jacques Delors en 1987, le programme Erasmus (devenu Erasmus+ en 2014) a bénéficié à 8 millions d’Européens, étudiants ou apprentis désireux de découvrir d’autres cultures et d’autres méthodes de travail en Europe. Les 13 et 14 octobre 2017, Pôle emploi s’associe à cette première édition des #Erasmusdays.

Les 13 et 14 octobre 2017, pour fêter les 30 ans du programme Erasmus, l’Agence Erasmus+ France/Education Formation coordonne la première édition des #Erasmusdays, deux journées européennes dédiées aux projets, aux acteurs et aux citoyens. Plus de 600 événements consacrés à l’éducation et à la formation organisés dans 11 pays avec les milieux professionnels, associatifs, médiatiques, institutionnels et politiques. En France, les festivités se déroulent dans 324 villes et communes et 18 régions. Pôle emploi, partenaire privilégié d’Erasmus+, participe à plusieurs manifestations à Montpellier, à Dijon, au Havre et à Amiens mais également à Lyon et à Cayenne ou à Marseille. L’occasion pour l’établissement public de rappeler son engagement en faveur de la mobilité européenne et de la formation. En effet, depuis 1995, les jeunes des centres de formation d’apprentis et les élèves des lycées professionnels peuvent bénéficier de ce dispositif. En 2015, ils étaient quelque 12 000 à avoir séjourné en Europe : apprentis préparant CAP, BEP, bacs pros en alternance ou lycéens professionnels étudiants sous statut scolaire. Depuis 2014, Pôle emploi accompagne chaque année plusieurs centaines de demandeurs d’emploi dans cette aventure européenne. « Cette mobilité sans condition d’âge et de qualification permet aux demandeurs d’emploi d’acquérir de nouveaux gestes, de découvrir d’autres cultures... Une fois rentrés en France, ils font indéniablement la différence sur le marché du travail », précise Jean-Christophe Bonnin, chef du département Mobilité et Placement international de la Direction des Affaires et Relations Internationales de Pôle emploi. Mais Erasmus+, kesako ? Explication avec Noëlle Versaveau-Gautier, correspondante régionale Affaires et Relations internationales à la Direction régionale Provence-Alpes-Côte d’Azur.

En quoi consiste Erasmus+ ?

Erasmus+ est un dispositif qui permet de réaliser une « mobilité européenne », c'est à dire de vivre une expérience dans un pays européen.

À qui s’adresse ce dispositif ?

Ce dispositif s'adresse à de nombreux publics : scolaires, étudiants, apprentis, professionnels de la formation, et en ce qui concerne Pôle emploi, aux demandeurs d'emploi.

Concrètement, en quoi cela consiste ?

Pôle emploi propose aux demandeurs d'emploi de réaliser un stage en entreprise, dans un pays européen, pour une durée de mobilité de 3 ou 6 mois, en bénéficiant du statut de stagiaire de la formation professionnelle.

Comment et à qui est-il prescrit ?

En visant les demandeurs d'emploi, Erasmus+ a clairement un objectif de contribuer à favoriser la reprise d'emploi en Europe. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, nous choisissons de proposer très largement ce dispositif, y compris aux jeunes peu qualifiés que nous encourageons fortement à tenter l'aventure. La sélection porte avant tout sur le projet de retour à l'emploi et sur les bénéfices de cette opportunité pour intégrer le marché du travail : notre objectif est avant tout d'offrir un "gain d'employabilité" à des demandeurs d'emploi pour lesquels cette expérience professionnelle sera un réel "plus" vers l'emploi, quels que soient leurs profils.

Quel est l’intérêt pour un jeune demandeur d’emploi d’entreprendre l’aventure Erasmus+ ?

Nous souhaitons faire d'Erasmus+ un "déclencheur" professionnel : il s'agit avant tout d'enrichir concrètement son profil pour accélérer la sortie du chômage. En effet, les bénéfices d'Erasmus+ pour un jeune en recherche d'emploi sont multiples : découverte d'une nouvelle culturelle d'entreprise, amélioration du niveau linguistique, développement des compétences, à la fois "métier" et sociales (autonomie, adaptation, relationnel, confiance en soi, etc.). Dans les faits, on observe que les jeunes peu ou pas expérimentés ciblent par la suite mieux leurs besoins et leurs objectifs. Ils se disent plus motivés et donc plus performants, notamment lors des entretiens de recrutement. Certains choisissent de suivre une formation pour être mieux armés, voire de reprendre des études pour les jeunes "ex-décrocheurs". Pour les demandeurs d'emploi davantage qualifiés et expérimentés, le choix du stage et de l'entreprise est souvent déterminant pour lever un frein, apporter un complément d'expérience… Un second souffle qui fait souvent la différence auprès des employeurs dans un marché du travail concurrentiel. Certains décident aussi d'entamer une réorientation professionnelle.

Quels pays ont le plus la cote auprès des demandeurs d’emploi ?

Souvent, les jeunes pensent spontanément au Royaume-Uni pour améliorer leur anglais. En réalité, le choix du pays compte moins qu'un stage de qualité, adapté à leur profil et à leur projet de recherche d'emploi. La plupart le comprennent très facilement au cours de leur préparation, en amont du départ. Au final, la majorité partent en Allemagne, en Espagne, au Portugal, en Italie mais aussi en Irlande, en Pologne, en Suède, aux Pays-Bas, etc.

Quels sont les secteurs d’activités les plus attractifs ?

En PACA, compte-tenu de notre volonté d'ouvrir à tous les profils, nous travaillons en multisectoriel : métiers de bouche, hôtellerie, restauration, tourisme, services à la personne, bâtiment, électricité, plomberie, métiers du spectacle et de l'audiovisuel, environnement, industrie, numérique, informatique, marketing, communication, comptabilité, secrétariat, etc.

Quelle est la durée moyenne des séjours Erasmus+ ?

Les deux tiers des jeunes demandeurs d’emploi partent pour 3 mois, un tiers pour 6 mois.

Quels revenus perçoivent-ils pendant leur séjour ?

Une "bourse" Erasmus+ est allouée pour contribuer aux frais de séjour ainsi qu'une aide au voyage, dont les montants varient en fonction de la destination (environ 2 000 euros pour un séjour de 3 mois auxquels s’ajoutent 250 euros pour payer le voyage). Pour les demandeurs d'emploi qui perçoivent une allocation chômage, la contribution Erasmus+ est cumulable.

Quelles sont les démarches à effectuer ?

Avant de partir, les demandeurs d’emploi doivent faire le nécessaire pour être en mesure de partir : passeport, titre de séjour dans le pays ciblé, sécurité sociale, assurance civile. Durant le séjour à l'étranger, ils doivent bien sûr continuer à actualiser leur situation mensuelle auprès de Pôle emploi. En effet, ils restent inscrits à Pôle emploi pendant la durée de leur séjour et bénéficient du statut de stagiaire de la formation professionnelle jusqu'à leur retour en France, à l'issue de leur stage Erasmus+.

 

 

ILS ONT TENTÉ L’AVENTURE ERASMUS+

Adrian Khatib 19 ans, Nice
STAGE À BRAGA, AU PORTUGAL, DANS LES ÉNERGIES RENOUVELABLES

« Ce stage a été une opportunité extraordinaire de concilier mon goût pour les voyages et la nécessité de travailler. À mon retour, je pensais chercher du travail dans le domaine de l’électricité, mais ayant travaillé auparavant dans le social et l’animation au cours de mon Service civique, je suis ouvert à toute autre opportunité. Au cours de ce stage, j’ai acquis une centaine de termes techniques en anglais et en portugais dans les domaines de l’électricité, mais aussi de la climatisation, de la plomberie et du bâtiment. J’ai été initié à la pose, l’entretien et la réparation de panneaux photovoltaïques. Et je me suis perfectionné en plomberie et en maintenance hydraulique et pneumatique. À terme, je souhaite créer ma propre entreprise d'électricité, dans le Jura, en Franche-Comté. »

Léa Sapolin 27 ans, Marseille
STAGE À IR-RABAT, À MALTE, DANS LA COMMUNICATION

« Après trois ans à mon compte, avant d’ouvrir ma propre agence, il m’a semblé primordial de travailler dans une agence de communication internationale afin de découvrir son fonctionnement interne. Cette immersion m’a également permis d’améliorer mon anglais. Pendant mes études, j’avais eu la chance d’intégrer des entreprises, des start-up, des institutions et des associations mais cette expérience était l’élément manquant à la concrétisation de mon projet professionnel. J’ai appris à démarcher des clients et à prospecter, à développer une stratégie de communication en collaboration avec la direction commerciale ou marketing, à aborder la communication en fonction de la culture d’un pays. De plus, j’ai perfectionné mes compétences en matière de logiciels de design. Autant de méthodes de travail que j’ai l’intention d’appliquer au sein de ma propre agence de communication. »

Nicolas Lefèvre 21 ans, Gap
STAGE À SARAGOSSE, EN ESPAGNE, DANS LA CHARPENTERIE

« Je souhaitais effectuer ce stage car je voulais découvrir un autre mode de vie et d’autres méthodes de travail. J'ai appris des notions d’espagnol et découvert cette culture. J'ai acquis de l'autonomie, et dans mon travail et dans ma vie privée. À mon retour en France, je suis retourné en formation ETAPS (Espace Territorial d'Accès Aux Premiers Savoirs), avant d’entrer en BTS ELEEC. Autant d’expériences qui vont me permettre d’envisager de faire du multiservice. »

Jeremy Rastouil, 27 ans, Apt
STAGE À BELFAST, AU ROYAUME-UNI, DANS UN BUREAU D’ÉTUDE EN HYDROLOGIE

« Erasmus+ représentait l’opportunité de travailler dans un pays étranger et d’améliorer mon anglais. J’étais motivée par l’envie de bouger et de découvrir une autre culture. J’ai été très bien accueilli par l’équipe, mon manager était à l’écoute, il prenait le temps de connaître mes envies professionnelles et de m’expliquer en détail ses activités. Dans un futur proche, je vais repartir à Belfast pour travailler pendant quelques mois avec cette entreprise, dans la même équipe et sur le même projet. Par la suite, pourquoi pas m’installer dans d’autres pays, travailler sur d’autres projets ? »

Cassandra Duval 21 ans, Flayosc
STAGE À PALERME, EN ITALIE, DANS UNE ASSOCIATION DE DÉFENSE DES DROITS DE L’HOMME

« J’ai été très bien accueillie par mon entreprise, ce qui m’a permis de me sentir à l’aise et parfaitement intégrée. J’ai pu travailler de manière polyvalente, rédiger deux projets européens, créer des activités culturelles (événement de prestation artistique, échanges linguistiques, cinéma débat) et les gérer en intégralité, élaborer des éléments marketing pour l’association, participer à l’aide aux devoirs d’enfants de quartiers défavorisés, rédiger des articles pour le site Internet, participer à l’enrichissement du jardin partagé ou à des manifestations anti-mafia... Je souhaite continuer à m’investir dans ce domaine et j’envisage de travailler bénévolement à l’élaboration ou à la mise en application de projets européens. »