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Retour sur l’atelier club RH national du 8 mars

27.04.2017

Retour sur l’atelier club RH national du 8 mars consacré à faire connaître et enrichir le projet Agence Pôle emploi de demain.

 

L’Agence de demain fait partie des priorités stratégiques Pôle emploi 2020 et plusieurs agences dont Paris-Daviel (13e), Dijon Est et Villeneuve-sur-Lot expérimentent déjà de nouvelles organisations. Différents tests sont en phase de POC (preuve de validité du concept) et l’avis des membres du club RH national est important à ce stade pour Pôle emploi. L’atelier du 8 mars dernier était dédié à la présentation du projet : recueil à chaud des réactions, partage d’expériences et de bonnes pratiques, expression des attentes et pistes de réflexion ; les échanges ont été féconds. Retour sur quatre tables rondes riches d’enseignements.

L’agence Pôle emploi de demain sera un espace de vie convivial

Les entreprises du club RH national ont salué la pertinence du projet qui leur a été présenté. Demain, un passage à l’agence Pôle emploi sera indéniablement « plus agréable ». Des espaces restructurés pour favoriser la convivialité tout en préservant la confidentialité sont prévus. Autre organisation appréciée : le fait d’aller au-devant de la personne qui arrive pour éviter que se créent des files d’attente. Que les entreprises membres viennent du secteur bancaire, de la grande distribution, de la téléphonie ou de la restauration rapide, elles se sont, pour certaines d’entre elles, déjà engagées dans la transformation de leurs parcours clients. «La dynamique est la même » car la digitalisation bouscule les usages. Et agences, boutiques, restaurants ou supermarchés doivent se transformer en lieux de vie attractifs pour continuer à séduire les consommateurs. La problématique de l’agence Pôle emploi, investie d’une mission de service public, est toutefois plus complexe que celle des entreprises privées. De nombreux paramètres interfèrent : obligation de maillage du territoire avec des contextes locaux variés, flux qui peuvent être très importants (jusqu’à 1000 personnes par jour), publics aux profils hétérogènes qui ne viennent pas par choix… L’ambitieux chantier mené par Pôle emploi va bien au-delà d’un réaménagement des locaux et d’une meilleure utilisation des outils digitaux.

Les attentes des membres du club RH pour un partenariat renforcé

Les entreprises sont, au même titre que les demandeurs d’emploi, des utilisateurs des services de Pôle emploi. Les membres du club RH national ont été invités à exprimer leurs attentes en tant que recruteurs mais aussi en tant que potentiels recrutés. L’importance stratégique de la zone d’accueil qui doit permettre d’identifier rapidement le besoin de la personne a été soulignée car de là découle la fluidité du parcours de tous. Parcours qui pourrait être jalonné de bornes mesurant la durée de l’attente, «car cela permet de gérer son temps ».

Pour le reste, les besoins exprimés divergent. Le club RH national est principalement constitué de responsables de grandes entreprises qui n’auraient pas forcément l’idée de se rendre dans une agence sans rendez-vous alors que les demandeurs d’emploi y sont « convoqués » ou y viennent motivés par une demande d’information qu’ils n’ont pas pu - ou su - trouver sur Internet. Les responsables de Pôle emploi ont nuancé cet a priori en assurant que les TPE se déplacent si elles ont besoin de recruter ou d’obtenir une réponse. Les membres du club ont alors insisté sur la nécessité d’identifier les différents publics dès leur entrée dans l’agence car « faire la queue, c’est difficile à vivre pour tout le monde mais dans le cas d’un recruteur, c’est carrément anti-productif ». Une plus grande flexibilité des horaires d’ouverture serait également un plus pour ces chefs d’entreprises « qui travaillent encore à 17 heures ».

Les responsables RH appellent de leurs vœux une agence pour l’emploi qui favoriserait des « échanges collaboratifs, interactifs et personnalisés » entre recruteurs et recrutés. L’enjeu ? Rendre acteur le demandeur d’emploi tout en accordant « toute sa place à l’entreprise». Le demandeur d’emploi considéré comme un « futur actif » serait moins enclin aux incivilités – un réel problème en région parisienne - tandis que l’entreprise mieux intégrée pourrait devenir une vraie force de propositions. Nos spécialistes des ressources humaines ont insisté sur le fait que les personnes en recherche d’emploi sont demandeuses de rencontres « moins formelles » avec les entreprises, lesquelles ont besoin de se faire connaître et d’identifier des profils. Pôle emploi pourrait être le lieu de cette relation réinventée.

Enfin, une communication positive sur les services et les dispositifs de Pôle emploi apparaît « nécessaire » aux membres du club RH national qui ont, pour certains, découvert lors de l’atelier des services dont ils ignoraient l’existence (le portail Emploi Store, par exemple).
Au global, les attentes exprimées démontrent un réel attachement des entreprises à un organisme qui « a fait de gros progrès ces dernières années » mais reste « victime d’un déficit d’image », notamment auprès des PME-TPE qui ne disposent pas de service RH.

Des pistes prometteuses pour demain

Un atelier du club RH national, c’est aussi l’occasion de se projeter dans un avenir idéal. Il n’est pas sûr que toutes les pistes évoquées puissent être suivies – réalité économique oblige – mais les idées sont là. Pôle emploi pourrait ainsi devenir un « incubateur qui réunirait des intelligences dans un environnement sympathique ». La configuration du lieu serait « ouverte » afin de pouvoir y délivrer des informations collectives un jour et y accueillir une session de « job dating » le lendemain. Cette modularité inciterait les candidats à se rendre dans leur agence pour, par exemple, participer à un atelier le matin et s’installer autour d’une table de coworking l’après-midi. « Cela permet de rompre avec l’isolement, d’insuffler de la créativité à une recherche d’emploi ».

Un tableau de bord digital informerait sur les événements passés, en cours et à venir, les relations inter-générations seraient favorisées dans un esprit de « co-construction », l’agence deviendrait « un lieu qui porte ».

Sur un marché de l’emploi qui évolue, les membres du club RH aimeraient aussi que les conseillers Pôle emploi soient davantage dans l’anticipation, connaissent mieux les métiers et les secteurs en tension afin de gérer les reconversions par rapport à des besoins. Et, comme le font certains cabinets de recrutement, ils pourraient suivre l’évolution des personnes recrutées par leur biais, raisonner davantage en terme de parcours : « Ce serait valorisant pour tout le monde et limiterait le turn-over dans les entreprises». Un cercle vertueux.