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Témoignages #journéedroitsdesfemmes : Les métiers techniques ? Ce n’est pas réservé qu’aux hommes, bien au contraire !

Catherine, jurassienne, est un sacré « bout de femme ! », alternant une formation universitaire dans l’industrie, puis finalement des expériences professionnelles dans le secteur du commerce et des assurances. Après un burn out, elle s’est finalement réorientée à nouveau dans l’industrie, pour son plus grand bonheur, désormais c’est un nouveau challenge qui l’attend : celui de la création d’entreprise. Catherine aurait-elle vécu plusieurs vies ? Elle a juste un message à faire passer aux jeunes générations : « Les filles, bougez-vous ! ».

Publié le  02/03/2020

En tant que femme, j'ai dû montrer mes capacités (plus qu'un homme à compétences égales) et montrer de la patience, ravaler parfois les petites remarques et surtout avoir du répondant mais toujours dans l'humour.

Catherine
En formation créateur d'entreprise

Des études techniques

J'ai à la base fait des études assez masculines, il y a 30 ans, j'étais l'une des rares filles en études techniques. J'ai un Bac F1 constructions mécaniques un BTS MAI mécanique et automatismes industriels et un DUT techniques de commercialisations, mais je n'ai pas voulu travailler dans le secteur technique en sortie d'études, c'était bien trop sexiste à l'époque, heureusement depuis ça a évolué.

 

Puis finalement, des expériences professionnelles dans le commerce et l’assurance

Je me suis donc tournée vers d’autres secteurs : 20 ans dans le commerce  (portables, encarts publicitaires, … ) et 15 ans dans les produits d'assurances durant lesquels j'ai repassé un Bac professionnel Assurances par correspondance en 2 ans.

Après mon expérience dans les assurances, j’ai été licenciée et je souhaitais sortir de la clientèle directe et du commerce, de la pression des objectifs et du stress.

 

Une reconversion dans l’industrie

C'est mon conjoint qui me l'a suggéré, lui-même technicien en micro-mécanique. Je vis dans une région où le travail ne se trouve pas en traversant la rue … il faut chercher un métier qui recrute.

Et je me suis dit pourquoi pas : j'aime les challenges, et puis dans ma vie personnelle, je suis très manuelle, je fais même des maquettes à base de cagettes de bois à la maison.

Alors j'ai passé une formation CQPM soudeur, je me suis spécialisée en procédé TIG après 1 an 1/2 d'expérience professionnelle dans la même entreprise de tôlerie fine. Le procédé de soudure TIG, bien plus fin,  est plus adapté aux femmes, il est plus délicat que le procédé MAG/MIG qui reste un procédé assez masculin et on soulève moins de poids lourds, mais il faut savoir être polyvalente. Je suis donc partie 3 mois sur Paris pour obtenir mes Licences TIG Acier, Alu Inox pour encore me perfectionner.

 

Travailler dans un milieu masculin, aller au-delà des préjugés

Je n'ai jamais eu aucun souci à travailler dans une équipe d'hommes, bien au contraire. J'aime leur franchise, leur façon directe d’aborder les choses. Cependant, il faut savoir les apprivoiser quand même. En tant que femme, j'ai dû montrer mes capacités (plus qu'un homme à compétences égales) et montrer de la patience, ravaler parfois les petites remarques et surtout avoir du répondant mais toujours dans l'humour. J’étais attendue au tournant. Je n'ai rencontré que très peu de sexisme pur dans le milieu professionnel technique. Ceux- là, je les ai mis de côté !

Ce qui a conforté mon choix, c'est en premier lieu ma progression continuelle à mon nouveau métier, c'est la satisfaction de créer des choses destinées au monde entier, de rentrer chez moi crevée mais de bonne fatigue, d'appartenir à une équipe entre plieur et peintre, avoir des responsabilités et beaucoup moins de stress ! Bref, ce milieu est très enrichissant.

 

Un nouveau challenge : la création d’entreprise

J'ai voulu créer mon entreprise car j'ai eu l'idée d'un objet particulier en voyant mon père, qui est atteint de la maladie de Parkinson. La soudure, c'est du lego en solide. J'ai utilisé mes compétences scolaires pour créer mes dessins industriels, utilisé mon savoir  pour créer mes prototypes en soudure dans mon garage. Et je me suis aperçue que mon invention pouvait répondre à d'autres "clients" sans pour autant qu'ils soient malades. Alors maintenant, je vais utiliser mes compétences commerciales pour la commercialiser. Et la  boucle sera bouclée. 

J'entre en formation créateur d'entreprise début mars pour justement m'aider à répondre à mes manques de connaissances dans le processus de créateur (business plan, statuts, financements...)

 
Mes perspectives  à venir ? 

La réussite de la commercialisation de mon produit,  pouvoir en vivre, et continuer d'apprendre encore et toujours !