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Les services à la personne : un secteur d’avenir

Le secteur des services à la personne est en forte croissance. Une croissance tirée, entre autres, par le vieillissement de la population. Pourtant, certains postes ne trouvent pas preneurs. Une situation qui pourrait changer compte tenu de la structuration du secteur, qui favorise une montée en compétence.

Publié le  06/06/2019

Les services à la personne : définition et contexte

Les services à la personne constitue un secteur à part entière et en évolution. Globalement, toutes les « prestations de services fournies directement au domicile de l’usager ou à partir / à destination de son domicile par les entreprises de services à la personne » sont considérées comme relevant du secteur des services à la personne, selon le Pôle Services à Personne (PSP), un réseau des structures de services à domicile. 

En France, le secteur se structure progressivement. D’abord, les associations, les organismes publics et les entreprises prestataires sont des employeurs de plus en plus nombreux, même si les particuliers restent majoritaires. Ensuite, le secteur emploie de plus en plus de personnes : entre 2015 et 2016, l’effectif de personnes employées dans le secteur a augmenté de 4,5 %. Et c’est une croissance durable : entre 2008 et 2016, les emplois ont augmenté de 38,5 %. Une étude de France Stratégie et du ministère du Travail parue en 2014, prévoyait une création nette de l’ordre de 350 000 emplois en dix ans pour les métiers d’aides à domicile, aides-soignants et infirmiers. Le métier d’aide à domicile serait même celui qui créerait le plus de postes sur les années à venir, aussi bien en termes de taux de croissance qu’en nombre de postes (près de 160 000 postes créés d’ici 2022, soit une hausse de 2,6 % en moyenne chaque année).

Cette croissance s’explique par plusieurs grandes évolutions sociales :

  • vieillissement de la population et maintien à domicile
  • dynamique soutenue des naissances en France
  • développement croissant de nouveaux modèles familiaux
  • mise en place de mesures économiques incitatives.

Enfin, les contrats de travail sont en grande majorité durables : 83 % des contrats étaient des CDI en 2017. Le temps partiel reste cependant la norme : en 2017, 82 % des salariés travaillaient en temps partiel. Néanmoins, des groupements d’employeurs sont créés pour favoriser l’emploi à temps plein. Le principe : des entreprises se regroupent pour mutualiser les postes et ainsi proposer des temps plein aux candidats.

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les services à la personne sont en fort développement

Dans la région, le secteur est promis à un bel avenir. Ainsi, d’après un rapport de la Direction régionale des entreprises de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte), « d’ici à 2025, le nombre de ménages utilisateurs [des services à la personne] devrait progresser de 17,3 % ». Et pour cause : « l’âge est un fort marqueur des besoins en services à la personne. » Or, le vieillissement démographique à venir est très net dans la région.

Une progression qui concerne toute la région : « tous les départements verraient le nombre de ménages utilisateurs progresser, particulièrement les Alpes-de-Haute-Provence : + 26,7 %. » Par ailleurs, le secteur est le « 4ème secteur le plus pourvoyeur d’offres en termes d’emploi dans le département des Alpes-Maritimes » selon Virginie Thiebaud, responsable d’équipe au sein de l’agence Pôle emploi Nice nord.

Un secteur en mutation, qui permet une montée en compétences

Pour le moment, le secteur des services à la personne souffre de deux écueils. D’abord, un déficit d’image lié aux contraintes horaires et aux nombreux temps partiels. Ensuite, un manque de qualification : les diplômés sont peu nombreux et l’offre de formation, très diverse, est peu lisible.

Néanmoins, la structuration progressive du secteur fait évoluer ce cadre et la filière se professionnalise. Ainsi, les employés « auront à dialoguer avec les professionnels des services médico-sociaux, par exemple les services de soins infirmiers à domicile, intervenant dans le cadre de plans d’aides personnalisés favorisant le maintien à domicile » selon le PSP.

Surtout, les employeurs sont dorénavant tenus d’employer des personnes qualifiées compte tenu des agréments obligatoires. Par exemple, le département des Alpes-Maritimes a décidé d’imposer un tel agrément aux entreprises, lequel oblige les structures à embaucher du personnel formé. Dans ce contexte, la formation joue un rôle important.

Pôle emploi [Nice nord] a formé plusieurs centaines de demandeurs d’emploi sur le métier d’auxiliaires de vie. Nous proposons ensuite ces profils auprès des employeurs. Résultat : 90 % de retours à l’emploi pour les personnes formées.

Virginie Thiebaud
Responsable du service entreprise à l'agence Pôle emploi de Nice Nord

Une image qui nuit aux emplois disponibles

Bien que le secteur soit en forte progression, les employeurs ne parviennent pas toujours à recruter. Les difficultés de recrutement sont même le premier obstacle à un développement de l’activité. Ainsi, 89 % des dirigeants du secteur citent le recrutement comme principale difficulté rencontrée dans leur activité professionnelle. La raison de ces obstacles, d’après ces mêmes dirigeants ? « Le manque d’attractivité des métiers aux yeux des potentiels candidats » qui se traduit par un « volume de candidatures insuffisant. » Une analyse confirmée par les candidats, qui affirment que le frein principal est avant tout la faible rémunération.

De son côté, Pôle emploi poursuit en expliquant que les services à la personne « sont en déficit d’images en raison des horaires, des rémunérations et de la mobilité obligatoire », selon Virginie Thiebaud, responsable du service entreprise au sein de l’agence Nice nord.

Corollaire : le turn over dans le secteur est important. Ce qui, d’après le groupement Pôle Services à Personne (PSP), pose la question de « la qualité et l’attractivité de l’emploi » qui sont de « réelles questions pour l’avenir du secteur. »

Pour répondre à ces enjeux – difficultés de recrutement et turn over –, le PSP organise régulièrement des campagnes pour informer les potentiels candidats. « Nous valorisons ces métiers [liés aux services à la personne] avec les missions locales et Pôle emploi. Les entreprises le font également. De notre côté, nous démarchons les candidats ou demandeurs d’emploi pour leur présenter et expliquer ces métiers » détaille par exemple Fahrudin BAJRIC, directeur du PSP en région Provence-Alpes Côte d’Azur.

Les services à la personne : une grande diversité de métiers

Les métiers des services à la personne peuvent être regroupés en trois grandes familles :

  • Les métiers pour la famille et les personnes fragiles (auxiliaire de vie sociale, garde d’enfants à domicile, aide médico-psychologique...).
  • Les métiers de la vie quotidienne (agent d’entretien de petits travaux et de jardins, agent de surveillance à domicile, cuisinier à domicile, assistant administratif à domicile...).
  • Les métiers de direction et d’encadrement (directeur / directrice de structure, responsable de secteur…).

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