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Pourquoi l’hôtellerie-restauration est un poids lourd de l’emploi en Provence-Alpes-Côte d'Azur (et comment être recruté)

En 2017, l’hôtellerie-restauration comptait près de 100 000 salariés en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Et en termes de recrutements, la tendance est positive : 375 000 embauches ont eu lieu l’année dernière.

Publié le  31/01/2019

L’hôtellerie-restauration représente 13 % des embauches totales en région Provence-Alpes-Côte d'Azur

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur est la 2e destination touristique de France, après l’Île-de-France. 6 % des emplois de la région sont consacrés au tourisme, dont 2/3 appartiennent au secteur de l’hôtellerie-restauration, offrant ainsi d’intéressantes perspectives de développement.

Ce premier enseignement est objectivé par les embauches constatées en 2017. Ainsi, l’année dernière, les recrutements dans l’hôtellerie-restauration représentaient 13 % du total des recrutements à l’échelle régionale. Ces embauches sont fortement liées à la saison touristique : 75 % des intentions de recrutement concernaient en effet cette saison.

Dans le Var, par exemple, la saison touristique est un enjeu de taille : de très nombreux recrutements ont lieu pendant cette période. Or, ces recrutements profitent assez largement aux candidats locaux en raison des horaires décalés et tardifs. C’est là une illustration des spécialités parfois très marquées des différents départements de la région.L’hôtellerie-restauration représente 13 % des embauches totales en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

La grande majorité des salariés de l’hôtellerie-restauration travaillent dans la restauration

Si, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, l’hôtellerie est légèrement majoritaire dans les recrutements en comparaison à la restauration, la restauration totalise en réalité plus d’emplois.

Ainsi, fin 2016, 73 % des salariés du secteur dans la région travaillaient dans la restauration. Cette proportion évolue certes selon les départements, mais la tendance ne s’inverse dans aucun d’entre eux : les salariés y sont partout majoritaires dans la restauration.

375 000 recrutements en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec des spécialisations marquées par départements

Les entreprises de l’hôtellerie-restauration installées en région Provence-Alpes-Côte d'Azur ont recruté 375 000 personnes durant l’année 2017. Un nombre très élevé d’emplois, donc, même si une part non négligeable de ces contrats était à durée déterminée.

Dans le détail, on constate une forte dualité géographique concernant ces recrutements. Ainsi, près de la moitié (48%) de ces embauches ont eu lieu dans le seul département des Alpes-Maritimes. Viennent ensuite le Var, avec 20 % des recrutements, puis les Bouches-du-Rhône, avec 15 %.

On constate par ailleurs une forte spécialisation par département. Ainsi, l’emploi dans les Alpes-Maritimes est largement tiré par l’hôtellerie. A l’inverse, la restauration est majoritaire, toujours en termes de nombre de salariés, dans le Vaucluse, le Var, les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes. Les Bouches-du-Rhône sont, elles, quasiment à parité entre hôtellerie et restauration.

Cette spécialisation par département ne doit pas, cependant, masquer un constat important : dans la région, les deux secteurs – hôtellerie et restauration – recrutent autant l’un que l’autre.

La restauration et l’hôtellerie recrutent quasiment autant l’un que l’autre

51 à 49 % : c’est la part de recrutements constatés par Pôle emploi entre l’hôtellerie d’une part et la restauration d’autre part. Ce premier constat évolue néanmoins fortement, là aussi, selon les départements. Ainsi, dans les Alpes-Maritimes et les Hautes-Alpes, l’hôtellerie représentait la majorité des recrutements du secteur de l’hôtellerie-restauration (respectivement 59 et 58 %).

A l’inverse, la restauration est majoritaire en termes d’embauches dans le Vaucluse et le Var, où respectivement 73 % et 56 % des recrutements dans l’hôtellerie-restauration concernaient la restauration en 2017. Enfin, dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-de-Haute-Provence, la répartition est plus équilibrée entre les deux branches.

Quoi qu’il en soit, pour une part importante de ces recrutements, de nombreux employeurs témoignent d’une profonde évolution du secteur : une montée en gamme en raison d’une clientèle plus exigeante.

Les clients sont plus exigeants, ce qui engendre une montée en gamme des entreprises

Une « nouvelle » donne a bousculé le secteur de l’hôtellerie-restauration : les sites internet de notation. Par exemple, les sites comme « Booking » et « Trip Advisor » qu’utilisent les clients des hôtels et restaurants pour noter les services fournis par ces établissements. Or, ces notes sont visibles par tous les touristes et futurs touristes de la région. Les entreprises du secteur ne peuvent donc pas ignorer les retours des internautes, notamment les critiques qu’ils émettent.

Cette évolution engendre une profonde évolution des modèles des entreprises du secteur : une montée en gamme. Pour une raison simple : la clientèle a évolué. L’importance du tourisme a en effet amené des clients étrangers parfois particulièrement exigeants.

Pour répondre au mieux à ces nouveaux enjeux, les employeurs de l’hôtellerie-restauration font évoluer leurs critères de recrutement. Une volonté qui se traduit par une évolution des compétences demandées aux candidats. Ainsi, la maîtrise d’une langue étrangère, l’anglais le plus souvent, est de plus en plus demandée. Les recruteurs exigent aussi une forte motivation, une posture de service, une bonne relation-client et le respect de la ponctualité.

Pour faciliter les recrutements, un focus sur les compétences plutôt que sur les diplômes

Pôle emploi propose un large panel d’actions pour faciliter les recrutements dans l’hôtellerie-restauration. Par exemple, dans le Var, de nombreux forums de recrutement ont lieu chaque année en amont des vacances de Printemps pour répondre à l’enjeu de la saison touristique.

Par ailleurs, un autre enjeu est celui de l’adéquation entre offres d’emploi et demandeurs d’emploi. Ainsi, il y a parfois, dans l’hôtellerie-restauration, plus d’annonces que de demandeurs d’emploi. Pour améliorer la situation, Pôle emploi travaille avec les employeurs sur la notion de compétences, qui permet de sortir du diplôme comme seule attestation de savoir-faire.

 

 

De même, l’institution investit beaucoup sur la formation, en mettant à profit les périodes creuses : l’automne et l’hiver. Ces moments sont utilisés pour proposer des formations aux demandeurs d’emploi qui pourraient prétendre aux postes qui recrutent régulièrement lors de la saison touristique.

Dans ce cadre, Pôle emploi propose des actions de formation préalables au recrutement (AFPR) autour de compétences particulières. Autre option : l’immersion. Ainsi, les périodes de mise en situation en emploi en milieu professionnel (PMSMP) permettent aux demandeurs d’emploi de découvrir un métier pour valider leur projet et situer si leur intégration dans l’entreprise donnée fonctionne.

Enfin, localement, "une équipe de conseillers spécialisés dans la relation avec les entreprises et ayant une expertise et une connaissance du secteur et des métiers est en place depuis 2015" explique Sylvie Merono, directrice d'agence. Cette équipe mène plusieurs types d’actions, pour un même objectif : faciliter les recrutements des employeurs. Ainsi, ces conseillers aident les recruteurs "à la rédaction de l’offre et à la pré-sélection des candidats, organisent des jobs dating avec des candidats ciblés et repèrent des aptitudes et habiletés grâce à la méthode de recrutement par simulation (MRS)". Un travail d’accompagnement des employeurs qui se concrétise par ailleurs par une offre de service à distance. Par exemple, l’application "je recrute" ou "Maintenant !", une application spécialisée dans la mise en relation entre recruteurs et saisonniers en quelques clics.

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