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Viticulture : au-delà des vendanges, une diversité de métiers

La viticulture est un secteur en croissance et plus divers qu’on ne peut le penser. Si, en effet, l’activité saisonnière via le travail des vendangeurs est la partie la plus visible du secteur, d’autres emplois, plus pérennes, sont aussi proposés.

Publié le  15/07/2019

La viticulture, un secteur économique important en région Provence-Alpes-Côte d'Azur

La viticulture représentait, en 2016, environ 12 000 emplois selon la Chambre d’agriculture de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. C’est ainsi le premier employeur agricole de la région, devant les secteurs des fruits, des ovins et caprins et des fleurs. Mieux : c’est le secteur agricole qui progresse le plus dans la région entre 2010 et 2016.

Une importance du secteur viticole confirmée par Cécile Avignon, responsable d’équipe à l’agence Pôle emploi d’Orange. « Cette année comme les années antérieures, près de 50 % des intentions d’embauches sur le haut Vaucluse concernent l’agriculture. » Mécaniquement, la viticulture, premier sous-secteur de l’agriculture en Provence-Alpes-Côte d'Azur en matière d’emplois, bénéficie des nombreux recrutements qui succèdent à ces intentions d’embauches dans le secteur agricole.

 

En région Provence-Alpes-Côte d'Azur, la viticulture représentait le premier pourvoyeur d’emplois au sein du secteur de l’agriculture. Source de l’infographie : Agreste Provence-Alpes-Côte d’Azur - Mémento 2018

Le Var et le Vaucluse, rois de la viticulture

Dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, le Var et le Vaucluse sont les deux premiers départements en nombre d’exploitations agricoles dédiées à la viticulture. C’est ainsi près de 60 % des exploitations agricoles, dans ces deux départements, qui sont consacrées à la viticulture. À titre de comparaison, la région se situe à un peu plus de 30 %.

 

Le Var et le Vaucluse sont les deux premiers départements viticoles de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Source du graphique : Chambre de l’agriculture Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Les métiers de la viticulture sont plus divers que les seuls vendangeurs

Le secteur de la viticulture propose des emplois très divers. Si les vendangeurs représentent la partie la plus visible des emplois viticoles, ce métier est loin de représenter la diversité du secteur. En réalité, les métiers viticoles concernent trois grandes familles :

  • le travail dans les vignes
  • le travail à la cave
  • le travail commercial

Pour chacune de ces catégories, les métiers sont multiples. Par exemple, pour la première famille, le travail dans les vignes, le site Vitijob propose trois métiers différents : le vigneron coopérateur, le technicien culture vignoble ou encore l’assistant technique et relationnel. De même, les deux autres grandes familles de métiers regroupent elles-mêmes des métiers assez divers (responsable qualité, technicien de laboratoire, œnologue, caviste, comptable, directeur commercial, animateur de zone, etc.), sur lesquels Vitijob propose un éclairage clair et complet.

Certains de ces métiers sont méconnus. Pour y remédier, Pôle emploi organise des visites dans les entreprises. Par exemple les agences d’Apt et de Saint Maximin ont organisé un parcours découverte sur différents domaines pour montrer la diversité des métiers du secteur : ouvrier agricole, chef de cave, maître de chai, œnologie, tractoriste… Une diversité qui n’interdit pas une certaine transversalité entre certains métiers viticoles.

Il existe aussi des métiers transverses entre agriculture et viticulture, c’est le cas par exemple des métiers de tractoriste et de pépiniériste.

Cécile Avignon
Responsable d’équipe à l’agence Pôle emploi d’Orange

Pour travailler dans la viticulture, des compétences et des diplômes très divers, eux aussi

Quelles compétences faut-il pour travailler dans la viticulture ? L’association Apecita, qui travaille au rapprochement entre employeurs et personnes à la recherche d’un emploi dans le secteur agricole, apporte un éclairage intéressant.

D’après deux de ses expertes, Laurence Stéphan et Stéphanie Méaude, les compétences techniques sont le premier élément recherché. Des compétences liées « aussi bien dans la conduite du vignoble (connaissance du cycle cultural de la vigne, reconnaissance des maladies, connaissance des différentes tailles, conduite d’enjambeurs...) que dans l’élaboration du vin (différentes étapes de la vinification, mise en bouteille...). »

Cependant, ces compétences techniques ne suffisent pas.

Les employeurs attendent également des compétences personnelles : sens de l’observation, réactivité, de bonnes conditions physiques et un goût pour le travail en extérieur.

Laurence Stéphan et Stéphanie Méaude
Association Apecita

Enfin, pour les commerciaux, les recruteurs souhaitent que les candidats disposent d’une « forte technicité [et des] qualités personnelles telles que la capacité d’analyse, de synthèse et d’écoute. »

Vers une pérennisation des emplois courts

Contrairement à ce qu’on peut penser spontanément, le secteur viticole ne vit pas que de contrats courts. Non seulement certains métiers du secteur nécessitent un travail tout au long de l’année, mais en plus des politiques publiques sont mises en place pour encourager les emplois stables.

C’est le cas, par exemple, grâce à la formation. L’enjeu : faire monter en compétences les travailleurs du secteur viticole afin qu’ils s’insèrent plus facilement dans un emploi stable. « Il existe des formations professionnelles pour, par exemple, le métier de tractoristes. Grâce à ce type de formations, les candidats peuvent travailler non pas seulement l’été, mais toute l’année » grâce aux compétences qu’ils ont acquises, explique Cécile Avignon. Ce qui engendre, d’après elle, de très bons résultats.

Une tendance d’autant plus forte que, d’après l’INSEE, les emplois salariés progressent dans le secteur de l’agriculture.

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