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Femmes & Tech : le regard RH de Talentsoft

Combattre tôt les idées reçues, une façon d’inclure les femmes dans un secteur réputé masculin. Découvrez toute l’analyse de Séverine Blum, Responsable du recrutement et de la marque employeur chez Talentsoft, start-up digitale spécialisée dans la gestion RH des talents.

Publié le  18/03/2021

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Séverine, vous êtes Talent Acquisition & Employer Branding Director chez Talentsoft. Est-ce un titre en rapport à l’offre de Talentsoft ? 

En effet, la mise en avant du mot « talent » reflète ce que vous souhaitons véhiculer auprès de nos clients. Talentsoft a 13 ans d’existence, compte 700 collaborateurs dans une dizaine de pays, et propose une plateforme digitale de gestion RH des talents (candidatures, entretiens annuels d’évaluation, formations…). Donc oui, la valorisation des talents est dans notre ADN, pour les hommes comme pour les femmes.
 

La Tech est fortement pourvoyeuse d’emplois mais elle a du mal à se défaire d’une réputation de monde masculin. Pourquoi, selon vous ? 

Cela provient des métiers du développement informatique, qui sont majoritairement l’apanage des ingénieurs et des techniciens. Or il y a davantage d’hommes que de femmes dans les formations initiales menant à ces postes. Pourquoi ? Simplement, parce qu’on a longtemps entendu que les femmes n’avaient pas leur place dans le monde du code. Le résultat, c’est que dans le secteur des hautes technologies en Europe en 2019, il n’y avait que 20% de femmes ingénieures et scientifiques. Il est dur de se défaire de cette réputation, pourtant tronquée car la Tech propose un large éventail de métiers, loin des seules compétences techniques liées aux interfaces !
 

Pouvez-vous préciser, avec l’exemple de Talentsoft ?

Chez nous, les fonctions techniques pures, comme les ingénieurs ou les développeurs, ne représentent qu’une partie des effectifs. Mais les 75% des effectifs restant se dispatchent entre le commercial, le conseil, le marketing, la communication, le juridique, la finance, les RH… C’est important de le dire car beaucoup de jeunes femmes s’arrêtent à la barrière technique et passent à côté de la richesse des métiers proposés. Chez Talentsoft, 43% de femmes composent les effectifs et nous mettons des actions en place pour pallier ce déséquilibre, dans les métiers techniques comme dans les autres.
 

Avez-vous recours à la discrimination positive pour faciliter l’embauche de femmes ?

Les compétences des collaborateurs sont notre priorité, tout comme le fait qu’ils s’épanouissent chez nous. Nous mettons en place différentes actions pour faciliter le recrutement des femmes, mais nous nous refusons à faire de la discrimination positive ou à imposer des quotas, qui ne sont pas dans notre culture. Nous sommes une entreprise jeune et nous devons rester agile. 
Ainsi, pour faciliter le recrutement des femmes, nous faisons attention au niveau du sourcing, afin d’équilibrer au maximum les profils hommes-femmes dans la sélection des CV, ainsi que sur le shortlisting des candidatures. 

Cela vaut surtout pour les profils techniques de type développeurs, car pour les autres fonctions c’est plus équilibré. Nous faisons aussi de plus en plus attention à la façon dont nous rédigeons nos annonces, premiers points d’entrée des candidatures, pour qu’elles soient les moins genrées possible. Et enfin, et c’est selon moi l’action la plus importante, la sensibilisation des jeunes femmes pour combattre les idées reçues. Cela prend du temps, mais la tendance est très positive. Beaucoup de femmes arrivent chez Talentsoft et font évoluer leur carrière au sein de l’entreprise.
 

À quel niveau intervenez-vous et avec quelles structures ?

Nous avons plusieurs partenariats dans ce sens. Premièrement, l’association « Elles bougent », avec laquelle nos collaboratrices vont à la rencontre des jeunes lycéennes pour parler des différents métiers de la Tech ; également avec l’association Fireside dans le cadre de l’événement « Women in Tech », auprès d’actifs et de demandeurs d’emploi. Dans les deux cas, il est frappant de constater l’auto-censure que la plupart de ces femmes exercent sur elles-mêmes, considérant que la Tech est un monde d’hommes. Notre objectif est donc de dépasser ces clichés en présentant Talentsoft - et par extension le secteur de la Tech -, comme un monde ouvert aux femmes, bienveillant et bénéficiant d’un dynamisme intellectuellement stimulant et d’une grande diversité de métiers.
 

C’est à nous entreprises, écoles, universités et associations, de prêcher la bonne parole, d’aller au-devant des a priori, tant sur les métiers techniques que commerciaux et transverses de la Tech.


Ce travail de terrain a-t-il un impact sur ces femmes ?

Absolument ! C’est selon moi le moyen le plus efficace de les convaincre. Des professionnelles en poste, qui leur racontent leur expérience, leur vécu, leur formation… C’est essentiel pour se projeter, d’autant que beaucoup d’entre elles découvrent à cette occasion qu’elles ont les compétences demandées, notamment en termes de soft skills. Il leur manque juste parfois une formation liée au métier, mais tout à fait envisageable. Je constate que ça commence à faire son chemin chez ces personnes, à susciter des envies. 
 

Une fois en poste, des femmes connaissent d’autres types d’obstacles, comme les différentiels de salaires. Quelle est votre approche ?

Talentsoft est très attentif et vigilant sur ce point. Nous fonctionnons avec des grilles de rémunérations, liées aux années d’expérience, aux compétences et au niveau de responsabilité. Nous avons également mis en place un plan d’action pour que les femmes étant en congés maternité soient éligibles aux augmentations de salaire annuelles. C’est avec ce type d’initiatives qu’on arrive à diminuer progressivement les écarts. 
 

Le mot de la fin ?

Au risque de me répéter, combattre les a priori sur la Tech auprès des jeunes femmes. C’est donc à nous entreprises, écoles, universités et associations, d’aller prêcher la bonne parole pour aller au-devant de ces a priori. Talentsoft intervient en ce sens dans le Pôle Léonard de Vinci, à l’IGS RH, auprès des futures ingénieures de l’ESIEA… Et enfin il est essentiel de voir davantage de professionnelles de la Tech intervenir dans les médias, car les représentations se forgent jeunes, dès le secondaire. Mais nous sommes sur la bonne voie, à condition de passer les bons messages : la Tech est ouverte à tous les profils, c’est un secteur diversifié et dynamique.
 

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