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Formation au numérique : 3 questions à Aurélie Jean, fondatrice de In Silico Veritas et co-fondatrice de DPEEX

L’auteure de De l'autre côté de la Machine rappelle que le numérique est accessible à tous, bien que certains – ou plutôt certaines – ne s’y sentent pas à leur place. Les formations au numérique sont nombreuses, accessibles à divers niveaux, pour permettre d’intégrer ces nouveaux usages au quotidien.

Publié le  28/01/2022

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Pourquoi y-a-t-il encore assez peu de femmes dans les formations au numérique ?

Disons qu’il y a plusieurs origines. Tout d’abord il faut lier cela à l’abandon après le lycée, de la part des filles, des sciences en général. Même si elles étaient à parité avec les étudiants garçons en terminale scientifique, elles tendent à aller dans d’autres filières ensuite. Les filles pensent que les sciences ne sont pas pour elle. Il y a un gros travail à faire au sein de la société pour faire en sorte que les filles puissent, dès le plus jeune âge, se voir devenir ingénieure en sciences informatiques par exemple. S’imaginer dans les sciences, tout simplement. Il faut pour cela parler aux parents aussi, qui auront peut-être tendance à soutenir davantage les garçons dans ces voies. 
Ensuite, il y a un cercle vicieux qui s’installe, les étudiantes en sciences étant entourées principalement d’étudiants garçons, elles peuvent ne pas se sentir à leur place, et finalement prendre un premier job en sortie de diplôme pas strictement technique. Enfin, dans leur carrière professionnelle, on voit des femmes ingénieures et scientifiques quitter les postes techniques. On comprend alors qu’il y a non seulement un sujet d’attraction, mais aussi un sujet de rétention.

 

Il est important que les filles et les femmes se lancent dans des carrières en sciences informatiques car, comme je le dis souvent, elles pourront bénéficier des salaires les plus compétitifs, résoudront des problèmes de grande ampleur à fort impact pour la société, et continueront d’apprendre toute leur vie. A travers une carrière dans ce milieu, elles combineront indépendance intellectuelle et financière !
 

Coder : une compétence technique désormais accessible à tous ?

Pour devenir un développeur, il faut des années de pratique. Cela étant dit, sans en faire une carrière, on peut se former, même en introduction, au code pour comprendre les mots utilisés dans ce milieu, les notions de base en informatique ou tout simplement construire sa confiance vis-à-vis des outils qu’on utilise personnellement et professionnellement. 
De nombreuses plateformes, livres ou formations en présentiel, proposent ce genre d’introduction de manière ludique. On peut apprendre par soi-même tout en s’amusant !
Exergue : « Sans le réaliser, on fait évoluer son métier et ses compétences pour s’adapter à une demande technique de plus en plus présente. »
 

En quoi le numérique peut-il accélérer la reconversion des seniors ?

Il faut distinguer les usages des compétences. En termes d’usage, l’accumulation des formations en ligne grâce à des outils numériques adaptés facilite la formation continue. On peut apprendre des concepts, voire même obtenir des certifications de nombreuses universités à travers le monde, grâce à ces cours. Concernant les compétences, tout le monde peut imaginer se reconvertir, en se formant un minimum au numérique, voire à la data. Je dis souvent que le marketer est devenu un marketer digital, et qu’il est aujourd’hui un marketer analytique. Sans être un scientifique de la donnée, on doit comprendre ce qu’est la data, comment on peut la collecter de manière à construire des bons réflexes dans son métier et, pourquoi pas, travailler en collaboration avec des ingénieurs. Sans le réaliser, on fait évoluer son métier et ses compétences pour s’adapter à une demande technique de plus en plus présente.

 

Aurélie Jean 
Ph.D., docteure en sciences des matériaux et en mécanique numérique, fondatrice et dirigeante de la société In Silico Veritas spécialisée en algorithmique et en modélisation numérique, co-fondatrice et chief AI officer de DPEEX (à prononcer dipix) une startup deep tech dans la médecine de précision appliquée au cancer du sein. Aurélie Jean est l’auteure de plusieurs ouvrages :
●    De l'autre côté de la Machine - Voyage d'une scientifique au pays des algorithmes, Éd. de l'Observatoire, 2019
●    L'apprentissage fait la force, Éd. de l'Observatoire, 2020
●    Les algorithmes font-ils la loi ?,Éd. de l'Observatoire, 2021
 

DU 24 AU 28 JANVIER 2022

Du 24 au 28 janvier 2022, Pôle emploi organise la quatrième édition de la Semaine des métiers du numérique. Filière d’avenir, le secteur présente un fort potentiel d'embauches dans les années à venir. Une semaine à ne pas rater pour tous ceux qui souhaitent découvrir ou exercer des métiers, tels que développeur web, codeur, community manager ou "data scientist" !

Ateliers découverte des métiers et des formations, visites d’entreprises, job dating, conférences thématiques… de nombreux évènements sont proposés aux demandeurs d’emploi.
 

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