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L’égalité femmes- hommes chez Pôle emploi : un travail de long terme

Si la note de son index égalité femmes-hommes atteignait 99/100 en 2021, les acteurs de Pôle emploi ne s’arrêtent pas à cet indicateur. Conscients que l’égalité nécessite un travail de longue haleine, l’établissement poursuit de nombreuses actions. Pour faire le point, nous avons posé quelques questions à Fabienne Siebenborn, directrice des Relations sociales et de la Qualité de vie au travail à Pôle emploi.

Publié le  25/11/2022

 

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En décembre 2019, Pôle emploi a signé l’initiative #StOpE, un acte d’engagement commun pour lutter contre le sexisme dit ordinaire au travail. Comment cet engagement se traduit-il ?

Fabienne Siebenborn : Pôle emploi est engagé depuis plusieurs années dans la lutte contre le sexisme ordinaire et les violences sexuelles au travail. L’initiative #StOpE, ce sont huit engagements pour lutter contre le sexisme ordinaire au travail. Cela a permis d’ancrer notre démarche dans un contexte inter-entreprises, avec des engagements forts portés en interne.

C’était la première partie de notre engagement. Ensuite, une deuxième partie importante marquant notre intérêt pour la question s’est concrétisée avec la signature – en 2020 – d’un accord relatif à l’égalité professionnelle femmes-hommes et à la conciliation de vies professionnelle, familiale et personnelle. Nous y avons consacré un chapitre complet à la lutte et la prévention contre les violences sexuelles et sexistes au travail.

 

 

Dans quelles actions ces textes sont-ils reflétés ?

F. S. : Nous avons articulé notre démarche sur le terrain avec des actions de sensibilisation auprès de tous les publics, puisqu’il s’agissait de confirmer notre intérêt et notre capacité à engager des opérations dans nos agences, nos directions régionales et jusqu’au plus près des agents. Nous avons donc mené des actions de sensibilisation auprès des équipes RH chargées de porter le sujet, ainsi que des managers et des agents.

Nous avons posé des jalons dans le temps. En 2018, l’établissement s’est engagé sur la tolérance zéro vis-à-vis de ces violences. En 2019, nous avons signé l’engagement #StOpE, en 2020 notre accord égalité professionnelle femmes-hommes, et en 2021, nous avons participé au baromètre sur le sexisme avec le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, auquel 15 000 agents ont répondu.

 

 

Quels types d’outils utilisez-vous ?

F. S. : Nous avons mis à disposition des ressources sur notre intranet pour accompagner et outiller les managers. Nous avons élaboré des guides pratiques, un mémento juridique, une infographie ou encore des affiches. Nous avons également mis en place des actions de formation en e-learning accessibles à tous pour développer les compétences sur cette thématique, prévenir le sexisme et les violences sexuelles, le harcèlement, adopter les bons réflexes.

Par ailleurs, à la suite d’une évolution de la loi, nous avons créé en 2019, des référents en charge du harcèlement sexuel et des agissements sexistes au travail. Dans le cadre de leur mission, nous les avons formés et nous les accompagnons au travers de webinaires et d’échanges de pratiques. Nous leur avons permis de s’approprier le sujet et de monter en compétence, afin qu’ils s’engagent au mieux dans la prévention des violences sexuelles et sexistes au travail.

 

Avez-vous pu tirer un premier bilan des huit actions menées dans le cadre de l’initiative #StOpE ?

F. S. : Le baromètre que nous avons mené en 2021 au sortir de la crise sanitaire était surtout destiné à recueillir les perceptions de nos agents sur la prégnance du sexisme ordinaire. C’était la première fois que nous interrogions leur vision sur ces agissements qui peuvent entraîner des conséquences sur l’individu et sa carrière, et sur les actions à mener pour les éviter. Dix-sept entreprises de l’initiative #StOpE ont été interrogées, et nous avons eu le plus fort taux de répondants.

D’après ce baromètre, 70 % des femmes et 80 % des hommes chez Pôle emploi considèrent que nous sommes activement engagés dans la prévention du harcèlement sexuel et des comportements sexistes au travail. Le sexisme est encore présent dans notre établissement comme il l’est partout ailleurs, mais dans la perception de nos agents, il semble moindre que dans d’autres entreprises. Nous poursuivons néanmoins nos actions de sensibilisation pour faire évoluer les mentalités sur ce sujet.

 

Diriez-vous qu’il s’agit là d’un travail sur le long terme ?

F. S. : Tout à fait. C’est un travail qui nécessite une mobilisation quotidienne de tous les acteurs (agents, managers, équipes RH…) et une implication dans la durée. Nous affichons notre volonté par une communication importante sur le sujet, et nous restons vigilants.

Nous avons demandé à tous nos établissements de mener des actions et des sensibilisations à leur niveau, sur la base d’un support d’animation que nous avons mis à leur disposition. Et aujourd’hui, nous constatons que nos agents sont attentifs à ces questions : ces agissements ne sont plus tolérés et la prise en compte de chaque situation est plus efficace.

 

 

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