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« L’agriculture bio connaît une croissance à deux chiffres depuis des années »

L’agriculture biologique connaît une croissance à deux chiffres depuis 10 ans. En termes d’emploi, le secteur recrute beaucoup, notamment en Bretagne, et les perspectives restent excellentes. Entretien avec Julien Sauvée, président de la Fédération Régionale des agrobiologistes de Bretagne.

Publié le  08/12/2020

Combien d’emplois sont concernés par l’agriculture biologique en Bretagne ?

Actuellement, nous sommes à plus de 3 500 fermes bio en Bretagne. C’est une croissance très forte : ce chiffre a triplé en 10 ans !

L’emploi a suivi. En 2016, nous estimions à 1 450 le nombre de salariés embauchés à temps plein dans les fermes biologiques en Bretagne [CF – Observatoire de la production biologique en Bretagne].

Combien d’emplois sont concernés par l’agriculture biologique en Bretagne ?

Actuellement, nous sommes à plus de 3 500 fermes bio en Bretagne. C’est une croissance très forte : ce chiffre a triplé en 10 ans !

L’emploi a suivi. En 2016, nous estimions à 1 450 le nombre de salariés embauchés à temps plein dans les fermes biologiques en Bretagne [CF – Observatoire de la production biologique en Bretagne].

Quelles sont les perspectives dans les 5 ans à venir ?

L’agriculture bio connaît une croissance à deux chiffres depuis des années. Toutes les filières sont concernées : fermes bien sûr, mais aussi magasins spécialisés, transformateurs certifiés bio, etc. Ce sont autant d’emplois supplémentaires dans les entreprises para-agricoles.

Aujourd’hui en Bretagne, plus d’une ferme sur trois s’installe en bio. C’est un mouvement de fond qui se confirme. Et on observe en plus un effet sociétal : le covid pousse de nombreux travailleurs à se reconvertir. Les perspectives sont donc très bonnes.

Les opportunités sont nombreuses : nous n’utilisons pas de chimie, donc nous avons besoin de plus moyens humains. Et les fermes bio sont bien intégrées dans leur territoire, par la vente d’abord mais aussi grâce aux activités connexes. C’est notable sur l’emploi.

C’est d’autant plus le cas que le bio est sécurisant : nous sommes en lien direct avec les consommateurs. Nous sentons que nous répondons à une demande forte. Et comme nous sommes indépendants, nous ne dépendons pas d’intermédiaires. Cela facilite les projections, notamment sur les revenus.

Pouvez-vous nous décrire quelques métiers représentatifs du secteur ?

Les paysans d’abord bien sûr, qui sont des chefs d’entreprise : ils gèrent une exploitation.

Les maraîchers aussi : les maraîchers bios sont très recherchés par les nouveaux candidats parce que le travail est saisonnier et l’installation nécessite des surfaces plus petites, donc moins d’investissements sont nécessaires.

Autres exemples : les techniciens, des profils agronomiques. Ce sont des gens qui vont animer les groupes de producteurs pour développer l’agriculture bio sur le territoire.

Quel que soit le métier, les paysans sont des cadres : en termes de responsabilités, d’engagement et de compétences, c’est un travail de cadre. C’est très valorisant.

Surtout que la pénibilité qu’on associe au métier est bien moindre en réalité. C’est aussi pour cela que les métiers de l’agriculture biologique se féminisent. D’un point de vue physique, c’est plus facile qu’avant, grâce à la mécanisation. Et on peut tout à fait atteindre un niveau de vie confortable : beaucoup de travailleurs et travailleuses de l’agriculture bio vivent très bien.

Quel est le statut des agriculteurs bio et comment le salariat évolue-t-il ?

Nous embauchons majoritairement en CDI. Nos formations sont complexes donc nous gardons les salariés. Du côté des agriculteurs, plusieurs formats juridiques existent. De nouvelles formes se développent afin de coller aux installations collectives par exemple.

De manière générale, il y a un attrait des métiers de l’agriculture, notamment par des gens qui ne sont pas du milieu agricole. C’est très positif. L’agriculture bio se féminise : les femmes se projettent beaucoup plus sur le bio que sur l’agriculture conventionnelle.

Par ailleurs, nous avons une sensibilité sociale : nous faisons donc attention au traitement de nos salariés, nous veillons à ce qu’ils s’épanouissent.

Participez-vous à des actions pour valoriser vos métiers et le salariat ? Si oui, comment ?

Oui. Ce que nous voulons, ce sont des gens qui ont envie de faire du bio et qu’ils soient accompagnés correctement pour réussir leur projet.

C’est nécessaire parce que nous observons que nous ne parvenons pas à aller chercher les futurs paysans par nous-mêmes. Plein de jeunes ne se posent même pas la question ! Non pas qu’ils n’aient pas envie, mais ils ne connaissent pas les métiers. Nous devons donc les faire connaître auprès de ces publics.

C’est le sens de notre campagne « éleveur bio, un métier loin des préjugés » qui cherche à valoriser le métier d'éleveur, car nous avons un besoin fort de recruter ces futurs chefs d'entreprise. Nous cherchons à montrer que ce métier est complet, moderne, épanouissant. C'est un métier en lien avec la nature, qui permet d’être en accord avec ses convictions et en lien avec les attentes sociétales : environnement, climat, biodiversité, alimentation de qualité...

Comment travaillez-vous avec Pôle emploi ?

Nos relations avec Pôle emploi étaient très limitées jusqu'à il y a peu. Parce que nos besoins se rejoignent, nous avons développé un partenariat autour de la campagne sur les métiers d'éleveur et d'éleveuse bio.

Le 7 décembre 2020, des réunions d'information sur ces métiers seront proposées aux conseillers placement, animées par le réseau GAB-FRAB. Nous devons mieux connaître le fonctionnement et les dispositifs de Pôle emploi et mieux communiquer sur nos métiers.

[Le réseau GAB-FRAB est le réseau des agriculteurs bio de Bretagne. La FRAB et les 4 GAB bretons agissent pour «promouvoir le développement cohérent et durable de la filière biologique en Bretagne».]

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