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Témoignage : «Je ne fais pas un métier d’homme, je fais le métier de soudeur !»

Sandrine Paquotte est une combattante. Contre une orientation qu’elle n’a pas choisie, contre la maladie, contre les préjugés des recruteurs. Mais à la fin, c’est Sandrine qui gagne. Par sa détermination et son courage. Son poste de soudeuse, elle en a rêvé et Saint-Gobain lui a offert. Aujourd’hui, à 54 ans, le sourire ne la lâche plus. Même derrière son masque ventilé…

Publié le  23/11/2022

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 «J’ai quatre frères plus grands que moi. J’ai grandi au milieu de garçons, toujours en train de bricoler avec eux. Je me souviens d’une journée Portes ouvertes au lycée pro de mon frère. Quand je suis entrée dans l’atelier et que j’ai vu le feu, les étincelles, je me suis tout de suite dit que c’est ce que je voulais faire. Je suis un vrai garçon manqué (rires)».
Sandrine, dix ans à peine, veut être «garde forestier ou chaudronnier». Mais avec quatre garçons, son père en décide autrement. Elle fera un métier «de femme» : secrétaire. Sandrine ne passera même pas le CAP. Le secrétariat, ce n’est pas pour elle. Elle qui rêve de bricoler, façonner le métal, travailler de ses mains, fabriquer des objets qu’on est fiers de ramener chez ses parents comme son frère chaudronnier.

En 2004, on lui diagnostique un double cancer

Sans qualification, Sandrine multiplie les petits boulots. L’industrie, elle la découvre chez Dupont médical à Frouard. Pendant deux ans, elle travaillera sur la chaine d’assemblage du fabricant de matériel médical. Mais à 36 ans, sa vie bascule. «On m’a annoncé un double cancer, du sein et de l’utérus, avec une espérance de vie de six mois». Et là encore, Sandrine se bat contre un destin qui s’acharne. «J’ai été prise en charge et soignée pendant trois ans. J’ai subi des traitements et une chirurgie lourde qui m’ont laissé des séquelles. Quand j’en suis sortie, j’étais déterminée à faire ce que j’avais toujours rêvé de faire». La Fondation contre le cancer lui propose alors une formation, elle n’hésite pas un instant : ce sera une préqualification dans les métiers de la métallerie. Sandrine est lancée. Elle ne s’arrêtera plus. La soudure sous toutes ses coutures, c’est son credo. Un an et demi de formation et 12 habilitations plus tard, la voilà enfin engagée chez Pli Concept à Champigneulles au poste de soudeuse.

« Quand j’ai découvert mon magnifique poste TIG* avec mon casque ventilé, j’étais comme une gamine au pied du sapin de Noël !».


Dix années passent, Sandrine est une soudeuse heureuse. Arrive le Covid. Comme bon nombre d’entreprises, Pli concept peine à conserver son activité et propose des ruptures conventionnelles. Sandrine repart sur le marché du travail. Pas très longtemps. Un ami proche lui parle de Saint-Gobain. Ils cherchent un soudeur pour la fonderie. «C’était vraiment le métier dont je rêvais. Et intégrer un groupe comme Saint-Gobain, c’est une chance». A peine arrivée dans l’entreprise, Sandrine est sur un nuage. «Ils sont à votre écoute. Une fois embauchée, j’ai pris le poste d’un tuyauteur. Ça n’était pas vraiment adapté à mon activité. En quelques jours, ils ont complètement réaménagé mon poste. Quand j’ai découvert mon magnifique poste TIG* avec mon casque ventilé, j’étais comme une gamine au pied du sapin de Noël ! (rires)».

La fonderie, Sandrine la connaît par cœur !

Chez Saint-Gobain, Sandrine gère «toute la casse». Tuyaux, machines, conduites, elle connait l’anatomie de la fonderie sur le bout des doigts… ou des pieds d’ailleurs. «Il m’arrive de faire plus de 20 km par jour. Quand une canalisation fuit, il faut chercher l’origine. Suivre la canalisation, puis retourner à l’atelier préparer la pièce avant d’entamer le chantier». Son planning, elle le gère seule. Saint-Gobain réalise un contrôle global de ses installations une fois par an, c’est ce qui lui sert de feuille de route pour l’année. «Ici je suis autonome. Il n’y a pas deux jours de suite où je fais la même chose, et j’évolue en totale sécurité». Car chez Saint-Gobain, on ne plaisante pas avec la sécurité, ni avec les conditions de travail. «Dans toute ma carrière, c’est ici que je me sens le plus en sécurité. Comme je dis souvent : Saint-Gobain est un grand groupe avec un esprit de petite entreprise. Les chefs sont proches des ouvriers, toujours bienveillants et à l’écoute. C’est très important dans ces métiers très physiques».

«Mon père serait sûrement très fier de moi»


D’ailleurs, tant qu’on est sur le sujet, posons la question qui devrait fâcher Sandrine… Une femme dans ce milieu d’hommes, est-ce facile à vivre ? La réponse fuse : «(rires) C’est plus simple de travailler avec les hommes ! On n’a pas la même manière d’envisager le travail, on est complémentaires, c’est ça qui est génial. On ne me considère pas comme une femme mais comme une collègue de travail. Personne ne m’est supérieur, et je ne suis supérieure à personne. Je ne fais pas un métier d’homme, je fais le métier de soudeur. Même si ça n’a pas toujours été simple. J’ai postulé dans des boites où on m’a dit : non, on n’embauche pas de femmes. Aujourd’hui, j’ai l’impression que les choses changent. En tout cas j’encourage les filles à faire le métier dont elles rêvent, le métier qui fait qu’elles se lèvent le matin avec le sourire». Sandrine, pourtant très épanouie dans son travail, avoue tout de même qu’elle aurait choisi la serrurerie d’art sans cette orientation forcée vers le secrétariat. Sans rancune mais avec un sourire qu’on devine même derrière son masque de soudeur, Sandrine conclut : «Mon père serait sûrement très fier de moi».

* Le procédé TIG (Tungsten Inert Gaz - 141) permet de réaliser des soudures très propres et très précises, sans projection, ni fumée, ni laitier, sur des épaisseurs très faibles (< 1 mm) de métaux de toutes natures.

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