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Provence-Alpes-Côte d’Azur : une terre d’industrie méconnue

De l’aéronautique à la micro-électronique en passant par la construction navale, la sidérurgie ou la chimie... Le secteur industriel est bien représenté dans notre région. Pourvoyeurs d’emplois et d’opportunités de carrière, les différentes filières qui le composent ont engagé une transformation digitale qui s’accompagne d’une politique de réduction de leur impact environnemental.

Publié le  19/03/2021

Une filière aux multiples possibilités

Portrait_JeanPierre_DosSantos_Crédit-DR.jpgJean-Pierre Dos Santos,
Directeur du Pôle Formation UIMM Sud

Certaines idées reçues ont la vie dure. Comme celles qui voient dans l’industrie un secteur synonyme de travaux pénibles, d’activités polluantes et de chômage. Ce sentiment, encore trop largement ancré chez les Françaises(e)s, et en particulier les plus jeunes, « ne reflète en rien la réalité » rappelle Jean-Pierre Dos Santos, Directeur du Pôle Formation UIMM Sud, qui forme au sein de ses établissements de futurs techniciens ou ingénieurs du secteur industriel de la région. 

La crise sanitaire sans précédent qui a secoué le monde et la France a eu au moins le mérite de replacer au cœur des débats l’absolue nécessité de s’appuyer sur une industrie nationale forte, indépendante, souveraine, compétitive et innovante .

Jean-Pierre Dos Santos
Directeur du Pôle Formation UIMM Sud

Car l’industrie, si elle ne représente qu’une part réduite de l’activité économique dans notre région (en regard des services, de la construction ou du tourisme), n’est en rien un poids plume avec ses 166 000 emplois salariés directs (406 000 emplois directs et indirects) et les quelques 15 000 recrutements prévus sur l’année par l’ensemble des filières, pour le renouvellement des effectifs. 
 

L'industrie en chiffres dans la région

3 240 € : c’est le salaire brut moyen dans le secteur industriel en Provence-Alpes-Côte d'Azur  (Source CCIMP – d’après données Urssaf 2017).

240 : c’est le nombre d’établissements industriels de la région employant plus de 100 collaborateurs.

 

Elle recouvre d’autre part des pans très larges de l’économie régionale (chimie, plasturgie, aéronautique, énergie, micro-électronique, aéronautique, maintenance industrielle) et s’appuie sur un tissu dense de PME, d’Entreprises de taille intermédiaire (ETI) et de grands groupes, répartis sur l’ensemble du territoire régional, de Nice au pourtour de l’Etang de Berre. Parmi ces derniers figurent notamment Airbus Helicopters, Safran Aircraft Engines, ArcelorMittal, EDF ou STMicroelectronics. « Tous les secteurs de l’industrie sont représentés, à l’exception de l’automobile » résume le Directeur du Pôle Formation UIMM Sud.

Nous sommes donc plutôt bien positionnés du point de vue des compétences et de la complémentarité entre les différents acteurs, par rapport aux autres régions françaises. Mais aussi, parce que nous disposons de réserves de foncier encore importante.

Jean-Pierre Dos Santos
Directeur du Pôle Formation UIMM Sud

De nouveaux métiers prévus à court terme

D’autant que les différentes composantes du secteur industriel en région ont depuis plusieurs années massivement investies afin de réduire leur impact énergétique et environnemental tout en intégrant davantage de numérique et de robotique dans leurs processus, pour gagner en productivité, en qualité, en sécurité... « De nouveaux métiers, en lien avec des secteurs émergents comme la fabrication additive notamment (1), devraient apparaitre à court terme » se réjouit M. de Santos. 

En dépit de ses efforts, l’industrie peine encore à attirer les jeunes (seulement 16 % d’entre eux envisagent de réaliser une carrière dans ce secteur) et les personnes en reconversion. Un paradoxe que Jean-Pierre Dos Santos attribue « à une méconnaissance de ses métiers techniques ». De fait, de nombreuses offres d’emplois restent non pourvues, faute de candidats formés ou séduits. 

On constate des tensions sur certains métiers comme ceux de soudeur, de chaudronnier, de technicien d’usinage, de mécanicien, d’électricien ou d’électromécanicien.

Jean-Pierre Dos Santos
Directeur du Pôle Formation UIMM Sud

Un comble alors que celui-ci accueille et forme pourtant chaque année 1500 alternants et 1800 salariés (dont 20 % de femmes), au sein de son établissement et de la vingtaine d’antennes partenaires réparties sur l’ensemble du territoire régional.
 

L’industrie régionale tournée vers l’avenir

Depuis 2015, l’Etat poursuit avec le programme national « Industrie du futur », un vaste plan en faveur de la modernisation de l’outil de production et de la transformation numérique des entreprises industrielles. L’enjeu est de répondre de façon concrète au retard français dans le secteur industriel et de permettre aux entreprises françaises de regagner en compétitivité et se replacer dans la concurrence internationale. 
Le programme s’appuie sur 5 piliers :

  1. Le développement de l'offre technologique par la 3D, les objets connectés, la réalité augmentée...
  2. L'accompagnement des entreprises dans leur transformation digitale
  3. La formation des salariés via une montée en compétences sur le numérique et la robotisation
  4. Le renforcement de la coopération internationale
  5. La promotion de l'industrie du futur (industrie 4.0)

(1) La fabrication additive (ou impression 3D) recouvre les procédés de fabrication de pièces en volume par ajout de matière en couches successive depuis une modélisation 3D, par opposition à l’usinage traditionnel, dont l’objectif est d’obtenir une forme finale en enlevant des petits morceaux de matière.

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