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Marie Bolou ou la dynamique des vents

Marie Bolou, conseillère au contrôle de la recherche d'emploi, est surtout une régatière émérite qualifiée pour les JO de Tokyo 2021 dans la catégorie laser radial. Si Eole et Zephyr se sont penchés sur son berceau, sa carrière faite de coups de bourre, coups durs et coups de mou, destinait cette passionnée d'humain à redynamiser les demandeurs d'emploi afin de les accompagner jusqu'au succès.

Publié le  26/06/2020

La première chose qui saute aux oreilles quand Marie décroche son téléphone, c'est le sourire. Et l’étrange impression qu’elle a peut-être emprunté un peu de légèreté à son pays de cœur : le Brésil. Elle a cette facilité à raconter son parcours, comme si toute cette aventure avait été fluide, sans à-coup. Mais si son rapport à la voile est presque enfantin, celui à la compétition l’est beaucoup moins.

Dans l’élite du sport français

La gamine de Pont-Aven qui suivait le sillon de son grand frère au club de voile de Port Mane’ch n’avait peut-être pas imaginé se retrouver un jour à défendre les couleurs de la France aux Jeux olympiques – c’est pourtant ce qu’elle s’apprête à faire à Tokyo en 2021 –, ni comment elle aurait à louvoyer pour y arriver. Car son allure n’a pas toujours été portante. Pourtant, la jeune fille qui maniait son optimiste dans l’embouchure de l’Aven aimait l’émulation : « J’ai commencé à faire des compétitions et avoir des résultats. De fil en aiguille, je suis montée crescendo sur le parcours sportif », et son cursus a été des plus classique pour une sportive de haut niveau : sport étude à La Rochelle, puis intégration au pôle France avant l’équipe de France espoir.

Malgré des débuts difficiles chez les seniors, son laser (petit dériveur solitaire) ne restera pas longtemps dans les traînées d’écume. En 2013 et 2014, elle devient double championne de France et occupe la 11e place du classement mondial « avec un projet pour Rio 2016 ». Elle a les Jeux olympiques à portée de main, se bat pour gagner sa place, mais rate la sélection d’un souffle. La compétitrice est en rade dans la baie de Guanabara à Rio de Janeiro, sublime plan d’eau aux pieds du fameux Pain de Sucre carioca. Ceux qui ont connu la désagréable sensation de se faire recaler à la dernière étape d’un processus de recrutement pour l’emploi de leurs rêves savent que le désarroi, même s’il peut être atténué par les circonstances, reste un puissant compagnon. « On dit que c’est quatre ans de travail, mais c’est bien plus ! J’ai tout remis en question. Je n’avais plus envie d’entendre parler de voile. J’ai fait une petite dépression sportive », en rigole-t-elle aujourd’hui.

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Au grès des vents capricieux du succès

Elle lâche tout, finit ses études et profite d’une spécialisation dans les ressources humaines pour retourner au Brésil pendant un an. Mais il ne faudra que quelques mois pour que les vents la poussent à nouveau vers la mer et que le besoin de tirer des bords l’étreigne : « Je me suis dit pourquoi pas retourner sur l’eau et retenter ma chance ». Le retour à la compétition est compliqué. Les deux années qui suivent, les résultats sont mitigés. Les Jeux de Tokyo semblent s’éloigner. Après un championnat du monde 2018 décevant à titre personnel, Marie est en plein doute : « J’avais fini mes études. J’ai alors pris la décision d’essayer de trouver un emploi. J’ai eu beaucoup de mal, et le hasard a fait que Jean-Michel Lucenay (le responsable du Team athlète Pôle emploi) est venu vers moi. Ca a été la délivrance totale ! Le projet m’intéressait beaucoup. Il collait bien à mon parcours et mes envies car à Pôle emploi, nous travaillons avec l’humain ».

Une stabilité financière, une assurance pour la vie d’après, Pôle emploi lui offre de nouvelles conditions de jeu en lui proposant de travailler à la plateforme de contrôle de la recherche d’emploi à Brest Iroise. Rassérénée, elle retourne tâter le vent, se rapproche de son lit pour s'y blottir à nouveau. Elle enchaîne alors les bons résultats et retrouve le goût de la compétition : « Je pense que c’est surtout le côté psychologique qui a débloqué certaines cases et m’a rendu plus performante ».
D’un autre côté, du haut de ses 27 ans, la régatière qui a déjà une carrière bien remplie peut être un atout non négligeable dans l’accompagnement et la redynamisation des demandeurs d’emploi démotivés : « Je me suis dit que je pourrais essayer d’intégrer les valeurs sportives à mes conseils aux demandeurs d’emploi ».

Pôle emploi, une allure plus confortable

Solitaire sur son bateau, elle aime le travail d'équipe, et en bonne compétitrice a une juste analyse de sa situation : « j’étais totalement lucide sur le fait que je ne connaissais vraiment rien à l’univers de Pôle emploi. Avec les entraînements et les compétitions mon planning était compliqué. Je suis formatée à me donner à fond pour remplir mes objectifs, mais au niveau connaissance des outils, des formations, j’étais encore un peu fragile pour être complètement autonome. En revanche, j’accompagne énormément mes collègues au sein de l’équipe. Et elles ont compris qui j’étais et ce que je faisais. C’est important qu’elles sachent que je ne vais pas être présente tous les jours, qu’il y a des moments où je vais rentrer de compétition fatiguée... Elles ont vraiment réussi à s’adapter à mon rythme et à me former. », souligne-t-elle avec gratitude.

Aujourd’hui, Marie va consacrer de plus en plus de temps à la préparation des Jeux olympiques de Tokyo. Elle a appris quelques jours avant le confinement qu’elle était sélectionnée pour le grand rendez-vous, puis qu’il était repoussé, mais les caprices des vents marins lui sont familiers et elle n’a pas lâché l’entraînement pour mieux garder la dynamique. En ligne de mire, deux compétitions importantes avant d’entrevoir l’Asie à l’horizon : le Championnat d’Europe à Athènes au mois d’octobre prochain et les Championnat du monde en mars 2021 au Texas.

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