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« Nous sommes convaincus que la croissance de l’entrepreneuriat est une tendance de fond »

Fabienne Kerzerho est la directrice de l’ADIE Grand Ouest. Alors que la Semaine de création et de la reprise d’entreprise débute, elle revient pour nous sur l’état de la création d’entreprise en Bretagne et analyse la situation créée par la crise sanitaire.

Publié le  28/09/2020

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Combien de personnes accompagnez-vous par an ?

En Bretagne en 2019, nous avons aidé à la création de 600 entreprises qui étaient avant tout des entreprises de petite taille, des gens qui veulent créer leur activité indépendante et qui, pour certain, développe par la suite de l’emploi salarié, mais la majorité reste travailleur indépendant.

L’ADIE défend l’idée que chacun peut devenir entrepreneur à condition de bénéficier d’un financement et d’un accompagnement adapté. Nous luttons contre toutes formes de frein dues à la situation sociale des entrepreneurs, à leur niveau d’étude, leur âge, leur genre, leur lieu d’habitation, etc. Pour lever ses freins à l’entrepreneuriat, notre outil principal est le financement (micro-crédit, prêt d’honneur) et des outils en complément qui sont l’accompagnement à la formalisation de projet, l’accompagnement post-création dans les premiers mois et les premières années d’activités, et des cycles de formation particulièrement importants en Bretagne avec la formation certifiante « Je deviens entrepreneur ».

Cette année est atypique : il y a eu une chute très forte des activités soutenues en mars, avril, mai, nous concernant. Avec, en revanche, un été très fort dû sans doute au report des projets qui n’avaient pas vu le jour au printemps.


Quelle est la dynamique de la création d’entreprise en Bretagne ?

La dynamique est importante depuis quelques années. C’est véritablement une transformation sociétale, une appétence particulièrement vive dans la jeune génération qui souhaite maîtriser plus fortement son projet professionnel, en ayant davantage d’autonomie, par rapport à des choix, des valeurs, des convictions, etc. C’est également une réalité pour les populations plus seniors.

Cette appétence sociétale à la création se reflète dans les chiffres. Environ 10% d’augmentation tous les ans. Le statut d’auto-entrepreneur a très fortement soutenu cette démarche. L’ADIE a suivi cette croissance dans les dernières années. Même si cette année est atypique : il y a eu une chute très forte des activités soutenues en mars, avril, mai, nous concernant. Avec, en revanche, un été très fort dû sans doute au report des projets qui n’avaient pas vu le jour au printemps. Enfin, nous vivons un mois de septembre qui se questionne. Avec des tendances qui pourraient se croiser. Nous savons bien que plus de chômage pourrait amener plus de gens à la création par défaut et, en même temps, que des gens qui souhaitaient aller vers la création préfèrent conserver un emploi salarié pour sécuriser leur situation. Nous ne savons pas du tout quelle sera la tendance dans les mois à venir, même si nous sommes convaincus que la croissance de l’entrepreneuriat est une tendance de fond et ne va pas s’arrêter brutalement.
Nous allons être très vigilants parce que l’environnement est très compliqué. Plus que jamais, il va falloir que l’ADIE, comme d’autres opérateurs, accompagnent techniquement et financièrement le mieux possible ces entrepreneurs.

Pôle emploi est notre premier partenaire.


Quel bilan tirez-vous de la collaboration Pôle emploi/ADIE ?

Notre collaboration est soutenue. Elle s’est concrétisée par une convention, mais elle est tangible depuis de nombreuses années sur le terrain. Pôle emploi est notre premier partenaire. Sans Pôle emploi, nous ne pourrions pas faire notre travail, parce que la quasi-totalité des entrepreneurs que nous soutenons sont des demandeurs d’emploi. D’où l’intérêt de travailler en proximité avec une forte interactivité entre l’équipe ADIE, répartie sur une vingtaine de sites (agences et permanences) en Bretagne, et les 37 agences Pôle emploi. Nous organisons des actions communes qui passent par différents formats comme des permanences de l’ADIE dans certaines agences Pôle emploi pour accueillir sur des rendez-vous, prescrits par les conseillers, ou des ateliers co-animés. Cela passe également par une capacité de Pôle emploi à relayer un certain nombre d’animations d’informations, de nouveautés, ainsi que des interventions de Pôle emploi dans des jurys finaux de la formation « je deviens entrepreneur ». C’est beaucoup de croisements pour permettre aux demandeurs d’emploi qui veulent créer leur activité indépendante de trouver les solutions. Notre leitmotiv est de faciliter la tâche des demandeurs d’emploi, mais aussi des conseillers Pôle emploi en faisant connaître les nouveautés régulièrement, en étant très accessibles et très réactifs aux sollicitations. Nous savons que cet écosystème est très dense entre emploi, formation, insertion, création.

Je crois que ce partenariat fonctionne bien. Il y a vraiment un partage de valeurs quant à l’attention portée aux porteurs de projet, de la bienveillance, et l’objectif partagé d’être simple et rapide pour éviter que les gens aient l’impression que le parcours soit long et fastidieux. Autrement le risque majeur est qu’ils se lancent sans aide aucune, seul, et sans être outillés des conseils nécessaires pour commencer dans de bonnes conditions et d’un plan de financement solide pour faire vivre leur activité indépendante.

 

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