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L’EPIDE, un accompagnement qui redonne de l’élan

Depuis sa création en 2005, l’EPIDE a accueilli près de 40 000 jeunes « volontaires », pour les accompagner vers un emploi ou une formation qualifiante. Un dispositif qui peut compter sur le soutien de Pôle emploi, avec qui l’EPIDE signait un accord il y a quatre ans.

Publié le  11/05/2022

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Créé en 2005 par le ministère de la Défense, l’EPIDE (Établissement d’insertion dans l’emploi) est désormais sous la triple tutelle du ministère du Travail, des Armées et du ministère chargé de la Ville. Créé pour accueillir des volontaires âgés de 18 à 25 ans, et accessible dès l’âge de 17 ans depuis fin 2021, le dispositif s’adresse à des jeunes en décrochage scolaire, peu ou pas diplômés, en situation de chômage ou en rupture sociale ou familiale.

Il y a quatre ans, en 2018, l’EPIDE et Pôle emploi ont signé un accord-cadre, afin de renforcer leur collaboration pour aider les jeunes les moins qualifiés à s’insérer dans l’emploi. L’EPIDE est également partie prenante dans le Contrat d’engagement jeune (CEJ), cet établissement étant une des voies d’orientation possibles pour les jeunes accompagnés par Pôle emploi et les missions locales.
 

Un projet pédagogique solide

Le centre EPIDE de Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne, accueille 180 volontaires, issus de différents départements d’Île-de-France. Ils y vivent en internat la semaine (pour les jeunes les plus précaires, il est également possible d’y résider le week-end et pendant les périodes de fermeture) et doivent donc respecter un certain nombre de règles de vie en collectivité.

Akila Dahmani, conseillère d’éducation et de citoyenneté, explique la première grande étape du parcours des « volontaires » quand ils intègrent l’EPIDE : la réalisation d’un stage d’une durée de deux à trois semaines, pendant le deuxième mois de leur présence. Celui-ci – parfois indépendant de leur projet professionnel quand celui-ci reste à construire – a pour but d’aider les volontaires à « acquérir les codes du travail, les notions de ponctualité, d’assiduité, des consignes qui sont données dans le travail. » 

Si elle accompagne les jeunes tout au long de de leur parcours de volontariat, la conseillère souligne l’objectif des deux premiers mois de l’accompagnement : travailler sur « le comportemental et la discipline ». En effet, pour de nombreux jeunes qui ont eu un parcours compliqué, l’EPIDE est l’occasion de retrouver un cadre et des repères, de faire l’expérience de la vie en communauté, dans un établissement qui leur offre de nombreuses opportunités. 

Plus largement, l’EPIDE a pour objectif de préparer les volontaires à devenir « des citoyens responsables, des acteurs de la vie professionnelle et de la vie sociale ». Cet objectif se décline en sept thématiques, qui sont autant de buts aux valeurs affirmées : « être responsable et autonome au quotidien », « habiter et se déplacer dans son territoire proche », « prendre soin de soi et des autres », « vivre en France », « agir en citoyen », « accepter les différences et faire preuve de tolérance », et enfin, « s’ouvrir au monde ». 

Par exemple, des événements sont régulièrement organisés, en lien avec le devoir de mémoire : participations aux cérémonies de ravivage de la flamme du soldat inconnu, à l’Arc de triomphe, ou encore lors de visites au Mémorial du Camp des Milles, à Aix-en-Provence.

Récemment, à l’occasion de la semaine de la presse, certains jeunes ont également eu l’occasion visiter la Maison de la radio et de la musique, découvrant les coulisses de cette institution de l’audiovisuel public, et en ont profité pour interviewer quelques animateurs
 

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Des journées bien remplies

Après un réveil à 6 heures, c’est le petit-déjeuner ; alors que certains volontaires sont chargés de nettoyer la cantine à tour de rôle, les autres rangent leurs chambres avant de se réunir en « ordre serré » pour le rassemblement de 8 heures, pour la levée des drapeaux français et européen. En effet, inspiré du service militaire adapté (SMA), l’accompagnement au sein de l’EPIDE a repris certains de ses codes, parmi lesquels figure l’obligation de porter un uniforme.

Akila Dahmani explique son rôle dans cette première phase de l’accompagnement : « Je vais me focaliser sur la partie comportementale, le savoir-vivre et le savoir-être. Je vais faire en sorte que leurs chambres soient bien rangées, qu’ils soient réveillés, qu’ils honorent le petit-déjeuner et les activités ». Une fois les deux premiers mois passés, une évaluation permet d’assurer que le jeune est assidu, prêt à passer à l’étape suivante : du travail à un projet professionnel.

Des cours de remise à niveau en français et mathématiques sont dispensés aux volontaires, et les heures de sport offrent un large choix d’activités. Les jeunes ont également accès à des salles d’informatique, où ils peuvent par exemple utiliser le dispositif PIX, outil récent qui permet d’évaluer et de certifier ses compétences numériques.
 

Au début de l’accompagnement, je vais me focaliser sur la partie comportementale, le savoir-vivre et le savoir-être.

Akila Dahmani
conseillère d’éducation et de citoyenneté EPIDE

Pendant l’ensemble de leur parcours, les volontaires perçoivent une aide qui va jusqu’à 500 euros par mois. L’EPIDE propose également des séances de code de la route en vue de la préparation au permis de conduire, ainsi qu’une aide à hauteur de 650 euros, pour financer les leçons de conduite, dans l’auto-école choisie par le volontaire. Certaines activités ont également pour objectif de les faire travailler sur la notion de citoyenneté, à travers des sujets aussi divers que la République, l’environnement, les élections ou encore les institutions. Cela peut aussi se prolonger dans des actions citoyennes, par exemple avec des associations comme Emmaüs ou les Restos du cœur.

Des parcours variés

Après avoir été accompagnée par un dispositif de protection de l’enfance jusqu’à ses 18 ans, Sophie a rejoint l’EPIDE, sur les conseils de son grand-père. Après un temps d’adaptation nécessaire aux règles de l’établissement, l’accompagnement lui a permis de reprendre sa santé en main, et de pouvoir travailler sur son projet : entrer dans l’armée. En ligne de mire, le mois de juin, au cours duquel elle passera les tests d’entrée.

La conseillère d’éducation et de citoyenneté explique comment l’accompagnement soutient le projet de la jeune volontaire : « une fois les deux premiers mois passés, elle a commencé à travailler son projet professionnel de devenir militaire. Il y a ce qu’on appelle des groupes de besoins à l’EPIDE, identifiés en fonction des projets des jeunes. Et pour soutenir le choix de Sophie de devenir militaire, nous lui donnons accès à des séances de sport adaptées et supplémentaires, et aussi à des séances pour préparer les tests psychotechniques. »

Saadi, quant à lui, est arrivé à l’EPIDE peu de temps après avoir mis un terme au BTS de « management opérationnel » qu’il poursuivait, et dans lequel il ne se retrouvait pas. Ayant appris l’existence de l’EPIDE en discutant avec une amie, il y a vu l’opportunité de vivre « une expérience intéressante de vie en collectivité ». Depuis son arrivée à Brétigny-sur-Orge, il a pu réfléchir à une autre orientation. Ainsi, il a récemment opté pour un BTS en alternance dans le domaine du management de la sécurité, après avoir trouvé un employeur. Il quittera donc l’EPIDE dans quelques semaines ! 

De son côté, Luc-Andy avait arrêté sa scolarité en terminale en raison de difficultés lors de l’obtention du baccalauréat. Après une période de creux, c’est grâce aux conseils d’un ami de sa mère qu’il a rejoint l’EPIDE. Il profite de cet accompagnement pour élaborer un projet de formation, et a appris à mieux structurer son emploi du temps. Ayant effectué son stage dans une boutique de réparation de matériel informatique, il va désormais démarrer une formation de technicien en maintenance informatique, et partir de l’EPIDE.
 

Accompagner la sortie

Quand ils n’ont pas de logement personnel, les jeunes sortant du dispositif peuvent continuer à bénéficier d’un « contrat de soutien ». Ainsi, ils sont encore hébergés par le centre l’EPIDE, et peuvent également continuer à bénéficier de ses services de restauration. Pour certains, cela peut déboucher sur une sortie dans un foyer de jeunes travailleurs. La durée de l’accompagnement est en tout cas modulable, puisque l’engagement des volontaires est d’une durée de 8 mois, renouvelables jusqu’à un total de 24 mois maximum.

Pour les aider dans leurs projets, ils peuvent également compter sur le soutien de chargés d’insertion professionnelle. Ceux-ci bénéficient du partenariat avec Pôle emploi, dont des conseillers viennent régulièrement au centre pour réaliser une présentation synthétique de Pôle emploi et de ses services. Par ailleurs, les chargés d’insertion accompagnent régulièrement les jeunes à des forums et des sessions de job dating organisées par Pôle emploi.
 

L’EPIDE en chiffres

 

  • 2005 : année de création de l’EPIDE, Établissement pour l'insertion dans l'emploi
  • 20 centres implantés sur toute la France
  • 2 805 places pour des jeunes majeurs peu ou pas qualifiés, en voie de marginalisation
  • Plus de 1 000 collaborateurs
  • 3 350 volontaires admis par an
  • 29 % des volontaires issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV)
  • 26 % de jeunes femmes parmi les volontaires
  • 50 % de volontaires insérés soit en emploi soit en formation qualifiante ou diplômante
  • Plus de 40 000 jeunes sortis de l’EPIDE avec un fort quotient citoyen, depuis sa création

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